Ce deuxième tome de "Powers" est composé de deux histoires complètes.
La première histoire est assez courte mais excellente. Tout d’abord, elle met brillamment en scène le scénariste anglais Warren Ellis ("NextWave" et le sublime "Desolation Jones") et ensuite, malgré une histoire courte et classique, elle livre une conclusion originale.
La deuxième histoire, intitulée «Roleplay», remplit la majeure partie de l’album et constitue la deuxième enquête du duo Walker/Pilgrim. Le concept des flics traditionnels opérant dans un univers de super-héros fonctionne toujours et Bendis continue de développer la psychologie de son duo, mais l’histoire n’est pas vraiment originale et ce n’est pas le dessin d’Oeming qui parvient à installer cette ambiance propice au crime et au polar sombre qui me plaît tant dans des séries comme "Gotham central" ou "Sam and Twitch". En plus je trouve que la narration de Bendis est parfois un peu trop abusive et a tendance à ralentir inutilement le rythme du récit.
Le premier tome de "Powers" avait su séduire un public plus large que le seul lectorat habituel des comics, par un trait fort plaisant et par des dialogues d'une qualité peu commune. Ce deuxième tome a beau être un peu moins réussi, il confirme le gros potentiel de cette série d'Image.
La mise en bouche est plutôt réjouissante : Bendis fait intervenir Warren "The Authority" Ellis dans son propre rôle ! Bendis imagine que le scénariste BD veut suivre Walker pour s'immerger dans le quotidien d'un flic. C'est une belle occasion de se moquer avec tendresse de l'univers des comics et des lecteurs de BD, ce "plaisir solitaire" puisqu'on "n'invite pas douze copains pour lire un comic, on ne danse pas dessus, et généralement on n'en profite pas pour aller se faire une fille dans les toilettes"
Cette première histoire est courte mais vraiment sympa. L'histoire suivante, qui représente le gros du tome, est plus convenue. Je l'ai trouvée meilleure à la relecture qui a précédé l'écriture de cet avis, mais le fond de l'histoire reste un peu léger et c'est l'art de la mise en scène et en dialogues du sieur Bendis qui parvient tout de même à captiver le lecteur.
On s'amuse bien en lisant cette deuxième livraison. Il y a peu de chance que vous trouviez ça mauvais : il est donc peut-être temps de vous mettre aux comics du troisième millénaire ou de découvrir "Powers" si vous ne l'avez pas encore fait.
"Powers" est décidément une très bonne série.
Après un excellent premier tome, nous sommes à nouveau plongés dans un monde de super-héros, mais vu du côté des humains normaux.
Et là où c'est très fort, c'est que l'auteur en rajoute une couche par une mise en abîme particulièrement réussie : en intégrant son propre personnage à l'histoire (et donc en nous intégrant nous, lecteurs), Bendis ancre plus que jamais son univers dans le réel. Le décalage est vraiment intéressant, d'autant plus que les vrais super-gens sont rares dans cette histoire.
Au niveau stylistique, c'est vraiment bien maîtrisé, ce qui se ressent dans le découpage quasi cinématographique des vignettes, et qui donne à l'ensemble un dynamisme peu commun.
Malheureusement, le scénario est un peu en retrait : l'histoire est intéressante mais la conclusion de l'enquête est un peu rapide. Mais est-ce bien le plus important dans cette histoire ?
Les dessins ont toujours ce côté anguleux assez agréable, même s'ils me paraissent légèrement moins bons que dans le premier tome. Le style est assé dépouillé et on retrouve souvent des vignettes identiques ... mais c'est évidemment un effet de style !
Bref, encore un bon tome pour un série comics à connaître absolument !
Etrangement, à l'inverse de CoeurDePat, j'ai préféré ce second volume au premier. En effet, je trouve les dialogues mieux sentis, l'univers mieux maîtrisé, les personnages plus percutants. Et puis, leur background développé lors du premier tome permet un scénario qui s'appuie sur du concret, du solide : la base de l'enquête de cet album, tout simplement, qui saura toucher Christian Walker là où ça fait mal.
Bendis use une fois de plus de ce qui à fait sa marque, son style : les phylactères chaînés entre eux. Parfois un peu dur à lire, l'ensemble permet une mise en situation radicalement différente de ce que l'on a l'habitude de lire : on se croirait presque intervenant dans le dialogue !
Comme le dit CoeurDePat, l'enquête en elle-même se résoud peut etre un peu trop "au coup de bol", mais pour moi c'est surtout l'ambiance qui se dégage de ce second opus qui prime.
On s'attache à Christian Walker, et son passé tourmenté y est pour quelque chose. Les auteurs ne nous ont encore révélé que peu de choses, mais on aime cette distillation au compte-goutte des informations...
Le dessin de Oeming, toujours aussi efficace et anti-académique, me plait beaucoup. Dynamique, propre... l'image de la chronique saura surement vous convaincre.