Pfou !... Costaud !.. On se croirait retourné à l'époque de Jacobs, le créateur : lourd pour les non "initiés", haletant pour les fans de cette saga !...
Ca débute sur la base spatiale de Baïkonour (qui existe). Les Russes tentent de doubler les Américains dans la course à l'espace (ce qui s'est réellement passé). Frappée par des météorites peu après son lancement, une fusée retombe au sol. Une équipe est envoyée la récupérer. Personne ne reviendra. Les membres ont été foudroyés par un virus venu de l'espace. Le microbe est récupéré par le professeur Voronov, membre du KGB. Son assistante comprend la menace bactériologique et tente de faire parvenir un échantillon à l'Ouest. Mais, démasquée, elle est faite prisonnière par le dit KGB où officie Olrik (tiens ! qui voilà qui ?...)
Prévenus du complot, nos deux amis débarquent alors à Moscou.
Certains tireraient un album complet de ce scénario. Ici, nous n'en sommes qu'à la page 15. C'est vous dire !..
L'intrigue est très riche. Sans rire, comptez quasi deux heures pour plonger dans cet opus car le scénario y est dense et trop captivant que pour être lu en plusieurs phases.
Graphiquement, Juillard est très convaincant et ne serait pas renié par Jacobs lui-même.
Très bonne colorisation, ne l'oublions pas, de Convard.
Une très bonne continuité de cette saga débutée voici bientôt 60 ans dans l'hebdo Tintin.
Une histoire souvent reprise mais tellement haletante (sans exagérer) que l'on se laisse captiver par l'enquète de Mr Sherlock-Blake et Watson-Mortimer.
Des dessins, lumières, textes et couleurs (même si l'impression les gâche un peu) assez fidèles à ceux d'Edgar P. Jacobs. Une ressemblance étonnante, voire troublante. Réincarnation? A vérifier...
Cette histoire représente la lutte des blocs soviétique et américain... c'est donc un peu agaçant de retrouver (c'est pour une pseudo-surprise. Encore et toujours lui) l'anglais Olrik. Assoiffé de pouvoir et d'action, certes, mais anglais tout de même.
C'est l'une des seules histoires de blake et mortimer qui comporte de l' émotion crédible : on ne croit pas vraiment à la mort de Blake dans "le mystère de la grande pyramide", mais on ressent presque celui de la jeune agent lorsque... vous verrez bien. Encore autre chose : un meilleur suspens, et surtout des ennemis plus diaboliques et si convaincants...
Arrêtons là les éloges. Car certains personnages sont quand même des caricatures, notamment les gardes du KGB et le général Oufa.