Bon. Alertée par les nombreux avis très positifs qui précèdent le mien, je me suis dit que j’allais me régaler, moi aussi. Je pense être quelqu’un de sensible, même s’il est vrai que rarement une BD est parvenue à m’émouvoir avec la même force que peut le faire, par exemple, une chanson ou un spectacle de patinage artistique. Mais quand même.
C’est rare que j’éclate de rire là où je suis sensée avoir le coeur serré. Hé bien avec Betty blues, ça m’est arrivé. Si si. La faute en incombe, selon moi, à une invraisemblable accumulation de clichés, et ce, aussi bien au niveau de l’histoire, que des personnages, caricaturaux, et des dialogues qui cherchent à faire genre, le summum étant atteint, concernant ces derniers, lorsque l’un des personnages lâche, l’air pénétré et sourcils froncés : “Pour lui l’herbe devait être plus verte ailleurs.” Non, sérieux, comment on peut écrire des trucs pareils ?
Tout m’a semblé avoir un goût de déjà lu ou vu. Et puis pour que Rice m’émeuve, que son chagrin me touche, encore faudrait-il que le dessin me plaise, ce qui est loin d’être le cas ; je ne l'ai pas du tout trouvé attendrissant, du coup. Voilà, cet album n’est tout simplement pas pour moi.
A moi aussi, la couverture de l'album m'a fait mal aux yeux. Et puis il y a eu l'effet BDThèque, la présence de l'auteur à un festival où j'étais présent, des discussions autour d'un verre de Manzana...
Et j'ai donc lu l'album sans (presque) aucun a priori.
Eh bien franchement, voici l'un des meilleurs albums de l'année ! Sous son aspect un peu "brouillon", très crayonné, Dillies fait preuve d'une réelle maîtrise du mouvement, d'un sens incroyable du cadrage, ce qui est rare pour un premier album...
Et l'histoire est une magnifique histoire d'amour, croisement entre du tex Avery et les films noirs des années 1930 ou 50... Pas très originale, c'est sûr, mais moi aussi j'ai été soufflé par la fin de l'album.
Vraiment un excellent classique, qui frôle la note parfaite.
L'histoire de cet amour brisé entre Rice, canard Jazzy, et Betty, sa belle, est poignante. Le trait hachuré et volontairement hésitant de Dillies participe grandement à l'atmosphère particulier de l'album en donnant plus de profondeur à la noirceur du récit. Ca se lit simplement mais non sans émotions ... très très réussi !
Le dessin de Dillies est très sympa. Même ces "Gribouillis", cette abondance de traits comme dessinés rapidement au stylo, rendent très bien et agrémentent très joliment le dessin. Je repense particulièrement à une simple case où Little Rice Duck tend la main vers le haut de la cheminée pour attraper la trompette : ça a beau être la première BD de son auteur, ce dernier a déjà une technique de dessin éprouvée.
Donc oui, le dessin de cette BD est vraiment bon et surtout sympa.
Maintenant côté histoire, je dois avouer avoir été beaucoup moins captivé ou épaté. Disons que c'est plaisant à suivre, pas bête du tout, mais... Mais je n'ai rien ressenti qui me passionne pour cette BD, qui me donne envie de la relire. C'est surtout la fin qui m'a déçu, un peu en queue de poisson, un peu...
Je ne sais comment exprimer cela mais disons que bien que ce soit un très bel album autant au niveau physique (l'édition Paquet est très jolie) que graphique (les dessins), l'histoire n'est pas au niveau du reste à mon goût très personnel.
Une histoire d’amour brisé simple, facile à suivre, pleine de fraîcheur, de vie, de mélancolie, et même d’humour ! … Le dessin est magnifique dans le genre dépouillé. Tout est déformé, simplifié, mais finalement très beau et original.
Je suis resté à regarder la dernière page comme un con pendant bien 5 secondes avant d’en comprendre le sens… et là mon cœur de bébé s’est serré, et j’en ai presque eu la larme à l’œil…
Une BD simple, très classique, mais tellement belle… A lire à tout prix. Un grand bravo à l’auteur.
En fait c'est le graphisme qui m'a le plus touché dans cette oeuvre. Les traits sont à la plume, le dessin est travaillé comme une sorte d'esquisse, on trouve beaucoup de hachures, des traits un peu brouillons.
L'histoire n'est pas mal non plus. La lecture est intéressante, on espère que Betty va se rendre compte de sa bêtise et que Rice va se battre pour la récupérer, mais ce n'est pas aussi simple. J'ai tout de même été un peu déçu car même si cette BD est agréable elle ne m'a pas touchée plus que ça, je trouve qu'il manque un petit quelque chose.
Je serai beaucoup moins enthousiaste que les posteurs précédents, concernant ce one-shot.
Certes, l’atmosphère est là et bien là, et ce roman graphique aurait pu sortir du lot. Aurait pu, donc, car pour moi son manque d’originalité est rédhibitoire, hélas. En effet, comme le souligne Vladkergan, tout cela n’est pas très nouveau…
Est-ce un mal ? En soit, non, car si l’histoire est bien menée et touchante, l’originalité d’une œuvre passe pour moi au second plan. Le problème, c’est qu’ici, rien ne me touche vraiment.. Je ne me sens pas particulièrement proche de ce pauvre petit canard au cœur brisé, et du coup, la magie n’opère pas…
Dernièrement, j’ai lu quelques romans graphiques qui m’ont particulièrement déçus (« Eva aux mains bleues ») et émerveillés (« Où le regard ne porte pas… », « Un peu de fumée bleue »). Du coup, peut être suis-je en train de devenir plus exigeant dans ce registre ?
Tout est il que Betty Blues ne m’a pas fait vibrer, malgré le dessin original et les belles couleurs de Mademoiselle Jouvray.
Contrairement aux précédents avis ,je ne suis en définitive que moyennement convaincu par cet album.
Niveau dessin, rien à redire. Le dessin de Dillies est comme il a déjà été dit assez proche d'un Sfar ou d'un Trondheim, avec cependant un côté gravure nettement plus prononcé. Le trait est rond et une peu sale, mais cela participe à l'atmosphère de l'album, de même que les couleurs d'Anne-Claire Jouvray, teintées de gris. Le tout permet à l'auteur de donner à l'aspect visuel de son album une touche très jazzy qui seconde le scénario. A noter le découpage "en gaufrier" des planches, assez rare pour être souligné (6 cases de même taille pour toutes les planches).
Le scénario justement, parlons-en. L'histoire, fortement teintée de musique jazz, nous mène sur les pas du canard-trompettiste Rice, que sa copine Betty vient de laisser tomber pour un richard. Rice décide de raccrocher la musique et de changer d'air. Mais la musique ne lâche jamais totalement ceux qui s'y sont donné corps et âme.
Une histoire qui aurait pu être une chanson de jazz, avec sa mélancolie latente, son atmosphère enfumée et ses moment épiques. Mais au final je n'ai que moyennement accroché à cette histoire. Tout ça est parfois un peu trop cliché à mon goût, et l'utilisation d'animaux en lieu et place des humains n'y change rien.
Un album qui se laisse lire mais qui manque un peu d'originalité dans la trame narrative (le héros qui se retrouve seul sans celle qu'il aime, son renoncement, etc...).
J’ai vécu tout simplement une superbe lecture.
Betty Blues se distingue assurément dans l’univers bédé déjà foisonnant d’idées et de styles.
Si l’histoire est classique, elle est adroitement narrée et crayonnée.
Sous un trait saccadé et animé dans lequel il faut plonger, les personnages sont éveillés et intenses dès les premières cases. La couleur du début est enfumée comme un club de nuit, et évolue pour se teinter de chaleur et de lumière, d’ombres et de chagrin.
Une histoire où la musique teinte de ses notes jazz aériennes un amour somme toute commun mais tellement incontestable. L’amour de la musique, de la vie, de la vérité (même si elle fait mal), de l’amitié, de l’âme sœur... La liste est si longue.
L’atmosphère est palpable et Little Rice Duck est émouvant de sincérité.
Que du bonheur!
Une composition touchante et inattendue.
Et voilà une fois de plus un canard m’a interpellée...
Encore des animaux en personnages de BD et une mise en page en gaufrier (6 cases de même taille par planche). Ici on retrace l’histoire d’un canard trompettiste amoureux. C’est touchant et assez sombre comme histoire, baigné d’onirisme et de romantisme comme de grosse désillusion. Un one-shot de qualité qui en 78 pages arrive à mettre en place un univers et une ambiance bien a lui. On retrouve une époque un peu intemporelle, on se croirait dans les bas fonds de New York, c’est crasseux et un peu miteux, mais des personnages forts sortent du lot.
Finalement l’histoire est intéressante et assez bien construite. Le fait de clôturer cette histoire donne une certaine satisfaction au lecteur. Je me suis senti plutôt rassasié après cette lecture. C’est un très bon point.
Mais le dessin joue aussi pour beaucoup dans le succès de cet album. Renaud Dilles a un style assez intéressant. On pourrait le situer entre Sfar et Trondheim, c’est assez étonnant comme trait, un peu sale mais toujours beau. Pas de trait incisif ou dur, tout est en courbes et presque en style gravure. Mais remarquons aussi la participation de Anne-Claire Jouvray, déjà coloriste de Lincoln, qui donne vie aux crayonnés de Dilles. Son travail est génial, elle a su trouver une palette de couleur vraiment vaste mais qui colle parfaitement a ce tome. Du sombre et du pastel comme du bien gai et lumineux. Un plaisir pour les yeux ! Revenons aussi sur le découpage de l’album, avec des petits chapitres de taille variable qui segmentent un peu le déroulement du scénario et autorise des changements radicaux de lieu et de sujet. C’est efficace et réussi.
Paquet marque encore un point en misant sur un nouvel auteur et prouve que l’on peut encore étonner avec des BD un peu décalés et vraiment bien réalisé. Le format choisit donne une certaine classe au tome et le prix pas excessif rend ce one-shot vraiment très attractif.
Une valeur sure, ne pas hésité.
C'est vraiment bien cette BD ! Et encore chez Paquet !
Je m'y suis intéressée car j'en ai beaucoup entendu parler (en bien), un peu partout, et après avoir finalement feuilleté, ça m'a pas mal intrigué.
C'est vrai que le choix des animaux est assez subtil (décidément ce procédé me plaît beaucoup !), et même si le dessin n'est pas exceptionnel, il n'en est pas moins très original et plein de détails. Certes, c'est parfois un peu confus, un peu fouilli, ce qui est un peu dommage. En fait, la grande force du dessin, en plus de son originalité, c'est qu'il est très expressif.
L'histoire est bien rythmée, bien construite, et émouvante à souhait... Pour tout dire, ça m'a arraché une larme à la fin... Alors quand même... Au début on déplore un peu une certaine simplicité, un recours à la facilité, et puis au fil de la lecture, on s'aperçoit que c'est plus complexe qu'il n'y paraît. L'histoire de ce pauvre Rice est drôle par moment (pour tempérer), mais très touchante.
En bref c'est une bd qui ne paye pas de mine, mais qui au final est très intéressante, avec une histoire très touchante. Simple, mais belle.