Enfin, je découvre cette série qui a connu un certain succès commercial et critique ces dernières années, et qui pourtant, ne m'emballait pas plus que ça lorsque je la feuilletais.
On suit le début du périple effectué par Didier Lefèvre en 1986, à l'occasion d'un reportage photo en Afghanistan réalisé pour Médecins Sans Frontières. Didier Lefèvre va donc suivre un convoi humanitaire qui tente de se frayer un chemin au beau milieu de la guerre qui sévit à l'époque entre les armées soviétiques et les Moudjahidins.
Au final, je suis assez partagé sur cet album. Le périple du convoi est finalement assez monotone (malgré les difficultés liées aux nombreux cols à franchir). Attention, comme tout ceci est une histoire vraie, je suis heureux pour l'auteur et les personnes de MSF que cela soit assez monotone (manquerait plus que je me réjouisse qu'il y ait de l'action).
Mais ce qui m'a le plus déçu, c'est le traitement graphique de l'album. Celui alterne des dessins de Guibert qui me laissent totalement de marbre (c'est pas très fin comme trait et cela ne restitue pas du tout la beauté des paysages rencontrés) et des photos prises par Lefèvre. L'idée est sympa à la base, mais les photos insérées sont tellement petites (de la taille du négatif) que l'on n'y voit pas grand chose, et qu'elles deviennent finalement que peu intéressantes.
Au final, j'ai aimé suivre cette aventure humaine, mas sur les 90 pages de l'album il y a peu d'éléments de fond qui m'ont intéressés ou interpellés et surtout, je n'ai pas adhéré au graphisme de cet album.
Je découvre cette série avec un peu de retard et surtout à cause de l'actualité qui l'entoure, quelle soit heureuse comme le Prix Essentiel attribué au trio d'auteur par le festival d'Angoulême, ou triste, Didier Lefèvre étant tragiquement décédé le 29 janvier 2007.
Cette oeuvre est vraiment intéressante à plusieurs plan, elle combine l'art de la photographie avec les clichés de Didier Lefèvre, le dessin réaliste d'Emmanuel Guibert qui met en scène le récit de Didier en Afghanistan assisté par Frédéric Lemercier aux couleurs.
L'idée est audacieuse, raconter l'histoire d'un groupe d'occidentaux appartenant à l'ONG médecins sans frontières en Afghanistan dans une mission d'aide humanitaire aux populations qui subissent la guerre. Le fait que cette mission se soit déroulée pendant la précédente guerre en Afghanistan permet de prendre un peu de recul face à l'actualité encore brûlante qui reigne dans le pays.
Ici les deux factions au combat sont les russes et les autochtones avec toute une population civile qui subit cette affrontement.
Cette autobiographie est menée de main de maître par le trio d'auteur. On alterne entre les clichés noir et blanc de Lefèvre et les dessins en couleurs de Guibert et Lemercier. Les clichés de Lefèvre dégagent quelques chose de fort et d'envoutant et nous plonge complètement dans cette aventure humaine. On peux aussi voir la qualité du travail du photographe et son besoin quasi animal de capturer l'instant présent. Il y a dans ce tome un passage vraiment captivant sur la sensation que la bonne photo arrive, Lefèvre prends cliché sur cliché jusqu'a ce que LA PHOTO arrive ! Dans cette ouvrage on a donc des très bonne photos mais aussi un apercu de tous les essais précédents pour arriver à ce résulat.
J'aime également le dessin de Guibert, son trait est simple mais très expréssif et se combine parfaitement avec les photographies.
Comme beaucoup de gens avec qui j'en ai parlé, la première approche de cette BD n'est pas trop accrocheuse, on y voit beaucoup de photos et peut être pas assez de BD, mais ne vous fiez pas à ceci, plongez vous dans cette présentation d'une aventure humaine et cette tragédie d'un peuple en guerre.
Moi ça me donne envie de lire la suite, de prendre des belles photos et de faire quelquechose pour tous ces peuples qui souffrent. Et arriver à provoquer tout ça avec un simple album de BD et bien je dis chapeau bas messieurs !
Certes, il s'agit incontestablement d'un travail de qualité, minutieux.
Recueillir un récit, puis le mettre en dessins (et en photos ici), Emmanuel Guibert s'y était déjà essayé dans "La guerre d'Alan".
Ici, c'est plus complet, vraiment adapté au personnage dont on suit les pas, le photographe Didier Lefèvre.
Il y a vraiment de belles illustrations, des représentations qui complètent à merveille les clichés, faisant le lien entre les photos noir et blanc du photographe.
Certaines cases ont des couleurs que j'adore, des teintes qui apportent et s'approchent d'une merveille picturale absolue (page 3 l'avion, page 10 la chambre, page 16 le cheval, page 38 ou 56 la pause, page 60 la carte).
Mais, encore plus, j'ai été bluffé par la trouvaille des "dessins de nuit" au fil du cheminement de la caravane (pages 35-36-37) où le fond noir est à peine recouvert d'une couleur bleue foncée, ce qui apporte une impression de "sombre" rarement vue.
Bref, un livre avec des trésors, des idées nouvelles aussi pour l'illustration.
Guibert, une fois de plus, innove: bravo !
Ce qui m'a moins séduit finalement c'est le récit, intéressant, prenant, mais finalement aussi assez entendu.
Non, je ne suis pas blasé, mais le manque d'action fait un peu traîner l'aventure et le périple, jamais lassant, mais parfois un peu calme (c'est aussi vrai pour "La guerre d'Alan", mais ça ne m'a jamais dérangé alors, y trouvant délectation et me plaisant au décalage).
Faut-il retrouver un rythme "hors civilisation" ? Si tel est le cas, Guibert nous transmet cette impression.
J'avoue que j'espère les tomes 2 et 3 un peu plus agités, et puis, avec un tirage des "planches contact" des photos un peu plus large, car parfois il faut regarder l'ouvrage de près (mais l'équilibre entre récit complet et forme n'a pas dû être aisé alors je le comprends).
Un documentaire, un livre à part. Du Guibert au top.
Belle surprise.
Sous un aspect déroutant au premier abord (dessin assez minimaliste, petites photos noir & blanc parfois difficiles à « lire ») se cache une histoire exceptionnelle, un reportage vraiment envoûtant.
On se laisse conter cette aventure, on s’immerge dans le récit, dans cette société, par le biais de la narration en « voie off ». On ressent parfaitement le vécu.
Les personnages sont très attachants, les caractères assez détaillés. Le témoignage de l’auteur fourmille de petits détails qui permettent de ressentir son expérience, ses rencontres, ses découvertes, son apprentissage tout au long de cette mission. On ne peut pas proprement parler de scénario car l’auteur raconte son périple tel qu’il l’a vécu.
Graphiquement, le style colle finalement très bien à l’aspect reportage. Le trait des dessins correspond bien aux photos, la transition n’en est que plus facile. Le choix des couleurs est judicieux, il permet également une transition douce avec les photos noir & blanc.
Je n’ai pas lâché cet album avant de l’avoir entièrement lu et je me suis retenu pour ne pas dévorer le second tome dans la foulée.
Je n'ai pas été vraiment emballé par cette BD.
Pour commencer, son traitement graphique est original, c'est certain, mais je n'aime pas trop. Comme vous le savez il y a plus de photos dans ces pages que de dessins.
Les photos sont parfois une suite de mitraillages d'une même vue, histoire de montrer son évolution (comme par exemple, montrer comme Juliette se coiffe), parfois des mitraillages de tous les côtés pour montrer à quoi ressemblent certains lieux ou certaines phases du voyage, et plus rarement des photos uniques et plus longuement travaillées ou alors cueillies avec succès sur le vif. J'en ai trouvé certaines très belles (d'ailleurs l'auteur le savait puisqu'ils les a mises pour la plupart en grand format, celles qui sont vraiment réussies). Par contre, pour les autres, déjà je les trouvais trop petites (le format de la Bd a beau être grand, je trouve qu'il ne convient pas pour afficher plein de photos par page), mais aussi pour beaucoup floues, pas très jolies (à mon goût), avec un contraste assez moyen, et globalement pas toujours très marquantes visuellement (elles semblent presque toutes prises à la va-vite même les photos de paysages). Pour dire, ces photos sont tellement petites qu'elles ne m'ont que très légèrement permis de me faire une idée des lieux, des gens et des situations alors que c'était justement le but de ce reportage, à la base.
Quant au dessin, je suppose qu'il est volontairement très épuré pour ne surtout pas concurrencer les photos. Mais personnellement je n'aime pas le dessin de Guibert, et là encore je trouve le dessin vide par son absence de décor, et globalement il ne m'a pas plu. Avec un tel dessin, cette Bd m'a paru n'être rien d'autre qu'un moyen de vendre un album de photos-reportages déguisé en BD. Et si ces photos-reportages m'avaient vraiment plu, ça aurait été très bien, mais comme dit plus haut, elles ne sont pas mises en valeur par leur si petit format et en outre il y a beaucoup de déchets à mon avis très personnel.
Maintenant, il faut voir aussi que ces photos, ce reportage et ces dessins racontent une histoire, et celle-ci est franchement intéressante même si pas toujours captivante. J'ai véritablement découvert un univers que je ne connaissais pas, celui de l'aventure moderne, humaine et dangereuse que vivent les organismes tels que MSF. Franchement, je n'imaginais pas que c'était une telle aventure, que des hommes pouvaient endurer cela par choix et par charité. Ca ressemble à une histoire d'aventure et d'action (à la Tintin comme il est dit dans la BD) mais c'est la vérité, des occidentaux ont vraiment vécu ça et continuent à vivre ça. Une vie dangereuse, de voyages épuisants dans des décors sauvages ou en guerre, et tout ça, je le répète par choix.
Impressionnant... Et franchement instructif pour le simple occidental qui voit ces pays de loin et qui entend parler de ce qu'il s'y passe et de ce qu'y font les ONG dans les journaux ou à la télé, sans s'imaginer ce qu'est vraiment la réalité sur place.
En résumé, le traitement visuel de cette BD (ce qui fait son originalité d'une certaine manière) ne m'a pas franchement plu, tant au niveau de la petitesse et de la qualité de la majorité des photos que du dessin d'accompagnement de Guibert, mais par contre l'histoire de ce reportage et de ce qu'a vécu le Photographe est vraiment à découvrir.
Je m’intéresse à la photo depuis quelques mois et ma curiosité s’est tout naturellement éveillée à la vue de ce titre évocateur.
Commençons par la forme graphique adoptée, qui fait l’originalité de cette bd. Le mélange de photos et de cases dessinées me plaît énormément. Ne fût-ce que parce qu’il nous fait sortir des sentiers battus. Mais au-delà de cette touche de créativité, qui manque cruellement à tant de bd’s, l’enchaînement de la réalité photo à la fiction dessinée se fait dans un remarquable esprit de continuité : je n’ai jamais eu l’impression que les personnages « perdaient vie » en passant d’une photo à un dessin ou inversement.
Et pourtant le dessin en lui-même ne m'a guère impressionné…
Par-dessus tout, j'ai été frappé par cette aventure humaine ; je n’imaginais pas que des médecins et des infirmiers prenaient autant de temps et de risques pour préparer une mission humanitaire. J’ignorais qu’ils étaient parfois amenés à voyager comme des trafiquants. Je pensais que les organisations humanitaires telles que MSF ou la Croix Rouge bénéficiaient d’une sorte de « laissez passer » universel ; que, tacitement, tous les groupes armés respectaient ces intervenants « neutres ». Je me rends compte qu’il s’agit là d’une réflexion bien naïve…
Tout ce qui est écrit l’est dans un esprit de simplicité, d’humilité : celui d’un photographe, avouant manquer de culture géopolitique, et qui se « contente » d’observer, de graver des images et de se livrer à quelques réflexions, en toute franchise.
Ce récit a également le mérite de nous dévoiler un peu la vie du peuple afghan, de manière sobre et objective.
S’il s’agissait d’une fiction, je considérerais que le rythme est assez lent et que l’histoire tarde à démarrer. Mais s’agissant d’un reportage, chaque étape des préparatifs et du voyage, chaque discussion, chaque anecdote enrichit le récit.
Didier Lefèvre a découvert la photographie en 1975, à l'âge de 17 ans. Depuis le moindre voyage est pour lui, prétexte à la prise de vue. Durant sa mission pour MSF, il est chargé de les suivre en prenant des photos.
Pratiquant moi-même la photographie et le développement en labo, je trouve que ce livre reflette parfaitement l'esprit et le travail d'un photographe. Tout est basé autour de la passion et du désir constant de saisir l'instant.
Pour Didier Lefèvre la photo est un moyen de s'évader mais aussi de laisser une trace du monde qui l'entoure avec son propre regard. On a l'impression que son appareil est une partie de lui et que si on le lui prenait ce serait comme s'il se faisait emputé... c'est un petit peu "un troisième oeil". Peut-être est-ce pour cela que l'album fut réalisé en trio : Lefèvre à la photo, Guilbert à l'écriture et au dessin, et Lemercier à la mise en page et à la couleur.
De cette collaboration ressort un album émouvant par sa vérité et son approche des gens rencontrés au cours du périple.
Les images en couleurs se mêlent magnifiquement à la somme de photos extraites des planches-contact. Celles-ci donnent l'impression qu'un film est en train de se rérouler sous nos yeux... On vit le récit (qui est comme un journal tenu à chaque instant par le photographe) tellement la quantité de photos est impressionante... mais bon, tout photographe le sait : pour choper "la" bonne photo, il faut en user des pellicules de film. Mais ici, tant pis si certaines photos ne sont pas réussies, tout est montré. C'est une manière de se rapprocher encore plus de la réalité et de faire voir tout ce qui se passe en Afghanistan, toute la misère des peuples et tout les efforts qui sont fournis par les médecins et d'autres pour tenter d'aider ses peuples consummés par la guerre.
Un très bel album qui nous fait découvrir d'autres horizons à travers l'oeil d'un excellent photographe.
C'est vrai que de prime abord, cette oeuvre peut dérouter car il ne s'agit plus vraiment de Bd mais pas encore de photo-reportage.
Ce premier tome nous raconte la découverte par notre photographe d'un pays et d'un peuple qui vont le marquer de manière indélébile, à travers le voyage d'une caravane de MSF pour aller installer un hôpital de campagne en Afghanistan.
Sur la forme comme je l'ai dis plus haut, il est clair que cela va dérouter voir rebuter plus d'un amateur de Bd, car ce sont avant tout des photos rehaussées de dessins pour les anecdotes. Cependant l'ensemble est cohérent et pour peu que l'on franchisse le pas, c'est très vite oublié au profit de l'émerveillement que procure les images de ce voyage.
Sur le fonds, cette histoire est avant tout un témoignage voir un déclaration d'amour d'un homme pour un pays et son peuple. C'est beau et émouvant, même si cela n'empêche pas parfois la dureté des images et du propos car il ne faut pas oublier que c'est un pays en guerre et que leur mission est avant tout de sauver des vies et donc d'être confrontés à l'horreur au quotidien.
Vraiment un grand moment de lecture!
Je l'ai acheté sans trop savoir pourquoi, et finalement, il est resté sur l'étagère quelques semaines avant que je ne le lise. Il faut dire qu'au 1er abord, ça ne donne pas vraiment envie... on feuillette et on ne voit que des petites photos en noir et blanc, et des dessins très simples moyennement travaillés.
Eh bien oui, c'est exactement ça, sauf que c'est bien.
J'ai très rapidement été happé par cette aventure moderne que les auteurs se dispensent bien de traiter avec une faiblesse manichéenne. Le ton est juste, sans larmes et sans héroïsme bidon, et la caravane MSF prend un côté humainement fragile dès son départ.
On est bien loin des images qu'ont retransmises les journaux de l'époque (déjà 20 ans !).
Une belle réussite, une belle surprise.