Il faut d’abord s’habituer au dessin assez simpliste avec une façon très à part de dessiner les expressions, mais une fois passé ce cape l’histoire devient vite passionnante.
On se rend assez vite compte que la quête des fameux documents n’est qu’un outil pour lier l’histoire et nous faire passer d’un endroit à un autre, d’une famille à une autre, d’une émotion à une autre.
Simple, dans un contexte historique, mais quand même original avec beaucoup de psychologie et de sentiments à travers des personnages très bien choisis ! Excellent !
Quatrième et dernier volet de la saga, cet album particulièrement épais (360 pages quand même...) est assez riche en événements. Le troisième volet offrait déjà une belle densité ; les choses s'accélèrent encore ici, vers une dramatique et inévitable conclusion à l'épopée des trois Adolf. Ces trois personnages occupent dans cet album le devant de la scène, ce qui peut sembler logique vu le titre mais qui est pourtant une première dans la série. Leurs destins entremêlés sont plus proches dans cette fin de récit, comme si le destin les faisait se croiser une dernière fois.
Tout lecteur un brin cultivé connaît déjà la fin que se réserve Hitler. On peut cependant saluer la trouvaille d'interprétation de Tezuka, qui livre une autre version de la fin du chancelier du Reich... Pour les deux autres Adolf (le juif et le nazi), la conclusion est également bien vue, replacée dans un autre contexte qui ouvre intelligemment le récit. Comme le dit l'un des personnages, "un jour ou l'autre, les victimes peuvent devenir bourreaux aussi...". L'actualité récente au Proche-Orient rend d'autant plus pertinente la fin imaginée il y a près de vingt ans par Tezuka. C'est d'ailleurs l'un des intérêts du livre : on sent la réflexion de l'auteur sur la guerre, les atrocités et la capacité humaine à s'exercer dans la noirceur. Et le personnage de Kaufmann, aussi cruel soit-il, évite la caricature puisque l'on suit son cheminement dans les jeunesses hitlériennes et que la manipulation de son esprit est habilement montrée par l'auteur. Et puis, l'inhumanité bien réelle des SS n'est plus à prouver...
On va bientôt penser à Noël. Sans vouloir vous commander, les quatre volumes de l'Histoire des trois Adolf trouveraient bien leur place au pied du sapin.