C'est différent, encore.
D'abord, le narrateur change dans la première partie et devient une narratrice. Ca ne semble pas grand chose, mais ça perturbe le point de vue, ça modifie la perception et ça amplifie sans doute l'effet de malaise.
Avait-on besoin de ça ? Pas sûr, tant on est promené dans cet ouvrage, avec des moments intenses, lourds, des visages et des corps modifiés.
Ca mène jusqu'au crescendo final où l'horreur est à son comble.
A coup sûr, cette fois, on est dans la Science Fiction.
Et que dire des végétaux ramifiés, ces forêts dignes du Douanier Rousseau (mais en noir et blanc cette fois) ou des peintres surréalistes ?
Ca m'évoque De Chirico, Ernst, ou le Magritte de la première époque. Des toiles ardues, troublantes, ne respirant guère la sérénité.
Bref, Charles Burns joue de tout, encore, pour nous désarçonner, et, à nouveau, il y parvient à merveille.
Je trouve que ce tome nous ramène proche de la qualité et des surprises du premier, par son cisèlement brut et ses lignes directes.
Droit au but, brrr, ça fait froid dans le dos. Mais quel délice de se faire mal, aussi...