C'est clair: c'est à la fois un livre à part et un opus surprenant, quelque chose qui rompt avec l'entendu.
Les dessins, d'abord, fixent l'atmosphère, avec leur profonde base noire, sur laquelle repose l'intensité des troubles.
Pas le temps de respirer, page après page, ce dessin nous saisit à la gorge et ne nous lâche plus, nous pauvres lecteurs (pêcheurs ?). Les personnages sont bien dessinés, trop pour ne pas receler divers secrets inavouables, que l'on craint avec délice.
Finalement, c'est le récit qui octroie le plus de répit, et pourtant, on le pressent noir, ce récit.
Difficile, d'ailleurs, au début, de savoir où l'auteur va nous mener, dans une sorte de SF réaliste, constate t-on après, loin toutefois d'un soulagement.
Car c'est en amplifiant peu à peu l'intensité du tout que Charles Burns, en maître du suspense et de l'horreur (il faut bien le dire) se plaît à nous faire peur, à rendre le lecteur craintif des prochaines péripéties.
Mais diable (?!!) que c'est bien fait, et que ça fonctionne bien, avec une belle perversité.
Quelque part, je suis devenu drogué et j'aspire à la suite.
Oh, Girl !