Guy Delisle, en quelques années, est devenu une sorte de spécialiste de la bande dessinée autobiographique, voire du récit de voyage façon neuvième art. "Pyongyang", comme son nom l'indique, relate les mois passés par l'auteur en Corée du Nord. C'est l'occasion de découvrir certains aspects du pays et de se frotter au talent de conteur de Delisle.
Graphiquement, l'album n'est pas très attirant : j'avoue qu'il m'a fallu passer souvent devant pour me décider à le lire. La couverture, notamment, est très austère, alors que le contenu de l'album est plutôt agréable une fois qu'on est plongé dedans. Avec un trait simple mais efficace, sans couleurs (cela aurait certainement beaucoup alourdi le coût de l'album et des 176 planches !), Delisle finit par convaincre le lecteur qui a bien fait de dépasser un a priori mitigé.
L'intérêt principal de l'album est de découvrir l'effarante existence menée par les Nord-Coréens. On pense souvent à la Chine communiste, détentrice actuelle du sombre record du nombre d'exécutions capitales par an, qui est en plein développement économique mais qui reste pointée du doigt pour son non-respect des droits de l'homme. Beaucoup moins mise en avant par les médias, la Corée du Nord paraît pourtant souffrir encore plus que la Chine du joug d'un communisme à l'ancienne que Staline n'aurait sans doute pas désavoué. Les libertés les plus élémentaires ne sont pas accessibles aux habitants et les étrangers, vus comme de génants suppôts du capitalisme libéral, sont étroitement surveillés. Les nombreuses anecdotes vécues et livrées par l'auteur ont le mérite d'être édifiantes.
L'album est donc bon. Je regrette tout de même qu'il n'y ait pas davantage de mise en perspective, d'ajouts sur la situation géopolitique, ou de précisions sur la vie quotidienne. Delisle en reste au stade empirique : il raconte ce qu'il a vu, c'est tout. On ne comprend donc pas certaines situations, certains refus, et on a le sentiment d'avoir fait une approche du pays sans l'avoir vraiment cerné. C'est un parti-pris de l'auteur, et encore une fois, la lecture est très recommandable ; cependant, "Pyongyang" aurait peut-être été un chef d'oeuvre si Delisle avait entouré son expérience personnelle de la glose nécessaire à un entendement plus général.
Lisez "Pyongyang", qui vous donnera sans doute envie d'en savoir plus sur ce pays tellement verrouillé que le monde semble l'avoir oublié.
Pas mal. Vraiment.
J’ai vécu l’histoire de quelqu’un qui travaille dans le domaine de l’animation. Et cette personne est envoyée en Corée du Nord pour œuvrer sur un nouveau film.
La Corée du Nord ?… c’est celle du dictateur Kim Jong II. Et là, j’ai plongé dans un monde que n’aurait pas renié Kafka… ou Ubu, c’est selon !…
J’ai plongé dans une sorte de voyage en Absurdie, avec ses courbettes imposées, ses coupures d’électricité, ses visites –quasi obligatoires- dans les musées du régime en place, ses moments de résignation de la part de la population… mais aussi ses quelques rares accès de rébellion.
J’ai voyagé dans une satire assez féroce où l’auteur n’a pas eu besoin de « grossir le trait » pour nous monter une des dictatures des plus caricaturales ; un monde étrange décrit avec humour (acerbe) ainsi qu’une vraie finesse.
Delisle n’entend pas nous faire une quelconque leçon, mais ce qu’il nous montre –comme une sorte de journaliste engagé- représente quand même quelque chose d’insensé contre lequel le système occidental devrait agir… à défaut de méditer par de sempiternelles palabres.
Passionnant. C’est un gros pavé, d’aspect assez ingrat, de prime abord, mais ça se lit étonnamment bien. Il faut dire que le sujet s’y prête. Assez peu de choses filtrent de ce pays, parmi les plus fermés du monde, aussi, j’étais assez avide d’informations sur la Corée du nord et le quotidien de ses habitants.
Et pour une fois, j’ai fait totalement abstraction du dessin, assez quelconque, il faut bien le dire.
J’ai aimé découvrir un peu ce pays, les aberrations de son système politique, l’ampleur du désastre humain, pour le peu qu’on en perçoit.
Par contre, le regard assez détaché et souvent même, un peu goguenard, que pose sur lui Delisle, m’a gênée. Je conçois que devant le grotesque et l’absurde de certaines situations, le mieux soit d’en rire, mais quand même, ce dont lui semble parfois s’amuser, genre “on va jamais me croire, quand je vais raconter ça, au retour ...” constitue le quotidien terrifiant de millions de personnes, dont la vie est quasiment confisquée. J’ai l’impression de l’avoir plus ressenti que lui, ce qui est un comble.
Ceci dit, je le remercie pour son témoignage, et même si j’en perçois les limites, pas uniquement dues à son regard particulier d’ailleurs, mais aussi au terrifiant contrôle social dont les Nord-Corréens sont à la fois les victimes et les acteurs, j’ai dévoré goulûment ce gros one-shot .
Le moins qu'on puisse dire de cette BD, c'est qu'elle est instructive. Mais au-delà de ça, Guy Delisle a une manière de raconter vraiment prenante et amusante. La première partie de cet album m'a non seulement franchement intéressé mais en plus l'auteur m'a fait rire par la façon dont il présente son voyage, ses anecdotes, ses petits jeux dans la BD, etc... Le dessin n'a rien d'exceptionnel (le côté noirci au crayon à papier lors des scènes de nuit m'a même légèrement gêné en me donnant l'impression de lire un cahier de texte décoré) mais il est très lisible, et très sympathique sur la longueur.
Et donc non seulement on en apprend énormément sur ce pays aussi fermé qu'est la Corée du Nord, ses habitants, son mode de vie, la vision qu'en a un visiteur étranger, etc... mais en plus on passe un très agréable moment à lire ce carnet de voyage de Guy Delisle.
Seul petit défaut que je verrais, c'est que la seconde moitié de ce gros album est un peu moins drôle et passionante à mon goût que la première partie. Ca continue à être très instructif mais il est possible que l'auteur se soit un peu lassé sur la longueur, ce qui implique que je me suis senti un tout petit peu moins plongé dans la lecture lors des quelques 70 dernières pages... ou alors ça venait de ma fatigue grandissante ?
Quoiqu'il en soit, je suis sorti de cette lecture ravi, ravi d'en avoir appris autant mais aussi d'avoir passé un aussi bon moment de lecture grâce à la narration très sympathique de Guy Delisle.
Comment montrer l'absurdité du régime communiste de la Corée du Nord. Une prof à moi, balunga et lezard, nous avait passer cet album dont l'auteur ne me disait rien - comme tout le monde d'ailleur - l'année dernière et je dois dire que je l'ai dévoré
Le début commence comme un début, c'est-à-dire à l'aéroport où l'auteur reçoit un présent floral (hum c'est joli !!!) qu'il doit, accompagné de son guide et de son traducteur, déposer au pied d'une statue à l'effigie du père de la nation, Kimi Zung (ou ki mil szung, m'enfin je sais plus moi, kkmiilzumllj…). Autant vous dire que dès le début on a l'ambiance.
Cet album montre la réalité, le quotidien des Coréen et, c'est affreux ce que je vais dire mais il se trouve que parfois, c'est très drôles. Cependant, on rigole, on rigole mais Delisle ne nous fait jamais oublier le régime totalitaire qui régne… Ainsi c'est un album à la foi marrant et très triste. En fait si on arrivait à se voir en lisant, on s'appercevrait que l'on ferait des grimaces, une, parce-que l'on rit, l'autre, parce-qu'on a pitié ! En tout cas c'est une histoire très passionante
Niveau graphisme, la facture de Delisle est en véritable corrélation avec l'absurdité qui trône dans cet album.
Bref, on fini l'album et on se déjà, c'est tout - malgrè sa longueur (c'est du gros !)… à découvrir, vraiment !
Suite en quelque sorte de Shenzhen, l'auteur continue de nous raconter ses expériences asiatiques.
Après la solitude et les difficultés de communication que rencontre Guy Delisle dans le premier ouvrage, on assiste cette fois-ci à une expérience plus en groupe. Tout d'abord l'auteur ne se sépare jamais de son traducteur et de son "guide", et puis il y rencontre pas mal d'occidentaux.
Moins fragile que Shenzhen, Pyongyang est davantage un témoignage sur la dictature en Corée du Nord. L'ouvrage est très intéressant ne serait-ce que pour ça. L'auteur sait conter ses expériences et les étrangetés du régime sans jamais prendre parti. Il narre la situation et nous laisse nous forger notre propore jugement. Et ça c'est très agréable.
Une grande BD (même si j'ai une petite préférence pour Shenzhen que je trouve plus à fleur de peau).
L’auteur nous raconte dans cet album son séjour en Corée du Nord, pays communiste totalitaire et dictatorial.
A travers le récit de son séjour, Delisle nous montre les absurdités de ce régime avec beaucoup d’humour. C’est donc très drôle et très bien narré ce qui rend la lecture passionnante. Contrairement à Shenzhen, l’auteur rencontre beaucoup plus d’occidentaux avec qui il peut alors discuter, se promener… Il y a un passage où il est avec David, un français qu’il connaît bien, avec qui il va reprendre la chanson de capitaine Flam qui m’a fait beaucoup rire. Et on parcours ainsi Pyongyang, on visite les monuments de la ville et de ses environs sous l’œil de Delisle. C’est génial.
Le dessin est très agréable, très fluide. On retrouve comme dans Shenzhen le côté animateur de Delisle. Le personnage qu’il utilise pour se représenter est simple mais en quelques traits, il lui donne vie sous nos yeux et on a l’impression qu’il va se mettre à marcher de case en case sur notre livre ouvert et nous faire coucou d’un signe de la main. Le découpage est simple et convient tout à fait au récit. Bref, un régal pour les yeux également.
Donc, cet album est un vrai délice à lire. Je vous le conseille vivement.
Un très bon album, en effet. Après Shenzhen, l'auteur part diriger une équipe d'animateurs de Corée du Nord, et nous fait découvrir par l'intermédiaire de ce carnet de voyage l'univers très particulier de ce pays privé de bien des droits...
La narration est géniale. Delisle, comme d'autres auteurs du même éditeur, a cette force lui permettant de rendre tout sujet complètement fascinant, en dépit de son aspect banal et commun.
On découvre petit à petit ce monde que l'on imagine à peine, cette pauvreté latente, et ce lavage de cerveau à l'échelle nationale que subissent les Nord-Coréens.
Mais ce voyage, qui semble avoir parfois profondemment boulverser l'auteur, ces deux mois qui lui ont paru interminables, Guy Delisle nous le présente avec un humour tel que la lecture en devient géniale, fluide, agréable. Pourtant, PyongYang est un sacré pavé. Oui, mais un pavé qui se lit aussi simplement que Blankets pour moi, à l'époque.
Le dessin, dans son genre, est particulièrement maîtrisé, et ajoute beaucoup au côté parfois comique des situations.
Tristesse, peine, joie, rire, vous connaitrez bien des émotions à la lecture de ce petit bijou. Indispensable, tout simplement.