Arzak c'est du pur délire ! Paru dans les années 70 dans les "métal hurlant" (rien à voir avec a bd où le film), premier magazine sur la BD SF, où ont été révélés les pionners du genre : Bidal, Moebius, Dionnet et autres Tardi, c'était du trip à l'état brut comme les nombreuses planches psychédéliques qui parcouraient le magazine.
Je qualifierais donc Arzak comme un essai à part entière, sans volonté de suivre un scénario quelconque et où les impressions priment sur les dialogues (inexistants). D'ailleurs cet album n'est qu'un recueil des diffusions de Métal Hurlant.
Personnellement, j'y trouve un côté comique puissant, c'est complètement barré et absurde, et je pense que c'était là la volonté de Moebius. Mais je conçois que ça puisse dérouter pas mal d'entre vous !
A noter le ptérodactyle, que l'on retrouve sous une autre forme comme compagnon de John Difool dans le désormais culte "L'incal".
Encore du Moebius bien délirant dans cet album.
Certains dessins sont grandioses (quel dommage que la colorisation ne suive pas). D'autres me plaisent moins.
Certaines histoires sont bien marrantes, d'autres vraiment délirantes, d'autres encore me plaisent moins, voire m'indiffèrent.
Disons que quand on aime bien Moebius, comme moi, on apprécie assez cet album (sans franchement l'adorer car je n'ai pas ressenti grand chose finalement en le lisant), mais c'est sûr que quand on est hermétique à son style, à son humour et à son délire, il y a de quoi rester sceptique devant cette BD.
J'avais découvert Moebius via Le Monde d'Edena. Et j'avais beaucoup aimé. Arzach semble être le point de départ de son oeuvre la plus personnelle. Il ne faut donc pas forcément s'attendre à quelque chose d'absolument incontournable pour tous les lecteurs. En ce qui me concerne, j'aime beaucoup son style, sans en être un inconditionnel. On retrouve là les prémices de ce qui fera son style.
Mais là je dois avouer que... C'est un peu l'encéphalogramme plat. Contrairement à Moebius quand il a ingurgité (je ne veux pas savoir comment) ses champignons hallucinogènes et halogènes du Mexique, avant de réaliser cette bande. On est en plein trip. Ce qui ne me branche pas trop, désolé. Je retourne à Edena, éternel chef-d'oeuvre à mon sens...
Début 1975. Métal Hurlant n°1 paraît. Et Arzach fait ses premiers pas...
Des paysages insolites, des tours mystérieuses, la pierre écarlate, herbes gloutonnes et monstres affamés : tels sont les ingrédients de la quête onirique d'Arzach, le dernier des Ptéroguerriers qui sillonne l'espace sur le dos de son puissant ptérodactyle lithique.
Arzach surprend tout le monde. Le récit est dénué de paroles. L'histoire suit les étranges pérégrinations d'un étrange personnage humanoïde costumé, chevauchant un imperturbable grand oiseau à la peau rugueuse.
L'environnement, nouveau, est fantastique. Une véritable plongée dans des mondes étranges au-delà du visible.
Le dessinateur signe du nom de Moebius.. Moe qui?... On apprend très vite qu'il s'agit de Jean Giraud (Blueberry).
Cet incroyable illustrateur, esthète surdoué, illustre sa recherche de nouvelles vérités, de nouveaux espoirs, de nouvelles perversions. Moebius découvre, prospecte, analyse, délire, dissèque, réinvente les principes qui définissent les lois naturelles pour repousser plus loin encore les limites de la compréhension humaine et obliger ses lecteurs "blueberriens" à le suivre dans une sorte de voyage initiatique teinté de science-fiction et maculé de réalité brute.
Oeuvre symbolique, pierre angulaire de ses recherches narratives et graphiques, Arzach est l'outil d'expérimentation d'un bicéphale créatif.
Grandiose dans la (fausse) simplicité du graphisme. Etonnant. Superbe. Unique !
Halala, une étoile ! Faut vite que je rétablisse l'équilibre. Cela dit, je respecte tout à fait l'avis de dut (note de dut le modérateur : ne pas mettre de majuscule à mon nom please ). C'est souvent tout ou rien quand on lit cette bd. Mais pour beaucoup, dont moi, c'est une bd culte de chez culte! Un objet étrange et fascinant, mystérieux, ésotérique quasi métaphysique, d'une puissace graphique inégalée. Regardez-moi ces dessins : quelle maîtrise, quel découpage, quelle invention! La première fois que j'ai lu cette bd, je devais avoir 16-17 ans, et ce fût LA révélation! A sa lecture, je ne doute plus que la bd est un art à part entière, qui peut exister sans avoir honte face à la littérature ou au cinéma. Les scénarii sont minimalistes, c'est comme ça que Moebius les as voulu, mais ils ne se laissent pas apprivoiser simplement: derrière les gags potaches se cachent des zones d'ombres a propos desquels on pourra longtemps épiloguer...
Puis il faut replacer cette bd dans son contexte : les années 70 et l'émergeance d'une bd adulte et avant tout graphique qui a cherché, parfois de manière très radicale, à couper tous les ponts avec les modèles narrtifs littéraires et cinématographiques. Pas de paroles, juste l'image, pure...