Septième tome de cette série parallèle de l’univers Donjon, dont les épisodes sont situés à différents moments des trois séries clés: Potron-minet (niveaux -99 à 0), Zénith (niveaux 1 à 100) et Crépuscule (niveaux 101 à 200). Ce septième tome se situe au niveau -90, c'est-à-dire après les trois premiers tomes de la série "Donjon Potron-Minet".
Chaque album de cette série étant réalisé par un dessinateur différent, après Mazan, J.C. Menu, Andréas, Blanquet, Jean-Emmanuel Vermot-Desroches et Yoann, c'est à Blutch qu’est confié le dessin de ce septième tome. Le dessin hachuré de Blutch tranche solidement avec celui de Yoann lors du tome précédent, mais colle parfaitement à l'univers Potron-Minet et au ton beaucoup plus sombre du scénario. Publié d'abord en grand format noir et blanc afin de mettre en valeur le talent de Blutch, le travail périlleux de Walter au niveau de la colorisation est à souligner sur l'édition normale en couleur.
Le bond de 7 niveaux qu'effectue cet album par rapport au troisième tome de la série "Donjon Potron-Minet" est intéressant car il permet de constater l'évolution d’Hyacinthe de Cavallère. Il n'est pas encore le gardien du donjon, mais n'est plus l'innocent jeune homme ayant débarqué à Antipolis. Il est devenu comte et son alter égo, la Chemise de la Nuit, dirige maintenant la guilde des assassins. Et si l'intrigue, reposant sur un complot des magiciens visant à prendre le pouvoir d'Antipolis, est très dynamique, c'est surtout l'arrivée de Marvin qui est intéressante. Encore accompagné de sa maman, le jeune dragon n'est pas encore végétarien et n'hésite pas à tuer ceux qui l'insultent. Si on connait la grande amitié qui résultera de cette première rencontre entre Hyacinthe et Marvin, le comportement de ce dernier intrigue par rapport à ce que l'on sait déjà de lui.
La période que je préfère du Donjon est incontestablement l’époque potron-minet qui raconte la création du Donjon et se centre sur le personnage du gardien « jeune homme » Hyacinthe de Cavallère. Cet épisode de la série Monsters a été confié à un des dessinateurs les plus audacieux du moment : c’est-à-dire Blutch dans son style totalement expressionniste fait de jeux de lumière et d’ombres. Ce tome 7 se centre sur le personnage du dragon Marvin, un des héros de la série Zénith et Crépuscule. On le découvre tout jeune enfant.
7 ans se sont écoulés depuis le dernier potron-minet et beaucoup de choses ont changé dans la ville d’Antipolis. Le jeune Hyacinthe, jeune ingénu, qui débarquait de sa province a perdu beaucoup de son innocence et dirige la guilde des assassins. Il est devenu comte, on n'entend d’ailleurs plus parler de son oncle, sans doute est-il mort ?
On découvre donc un Marvin enfant, qui se rend en ville d’Antipolis accompagné par sa maman, sans que l’on connaisse vraiment leurs motivations. Celle-ci défend becs et ongles son rejeton. Encore se demande-t-on s’il a besoin d’être défendu tant Marvin est déjà féroce? Marvin va devenir le protecteur du gardien et cela semble marquer le démarrage d’une réelle amitié qui se poursuivra dans les prochains tomes entre les deux personnages. On retrouve aussi le professeur Chambon (le père de Zongo l’imbécile) qui avait déjà fait une apparition remarquée dans le très bon la nuit du Tombeur centré sur le vautour Horous. Celui-ci semble avoir manigancé un terrible stratagème pour prendre le pouvoir à Antipolis. Il est vraiment amusant de voir que les tomes de Donjon sont particulièrement bien reliés les uns aux autres ; ce qui permet de remarquer une grande cohérence dans l’univers créé par Sfar et Trondheim. Ainsi, cet album se comprend mieux si on a lu le tome 3 de Monsters la nuit du tombeur…
Au final, un très bon album qui approfondit encore plus l’univers potron-minet et bénéficie d’une bonne dose d’humour noir.
Je n'aime pas le dessin de Blutch, je n'ai donc pas du tout été séduit par le graphisme de cet album. Je le trouve trop sombre et les personnages (notamment Marvin et sa maman) trop simples et moches. Je n'aime pas du tout cet encrage et ses crayonnés. Ce n'est vraiment pas mon style même si je conviens de son efficacité narrative et expressive.
Quant au scénario, il ne m'a pas tellement convaincu non plus. Je n'ai pas trouvé le personnage du jeune Marvin attachant. Et l'intrigue, même si elle s'insère bien dans l'époque Potron-Minet, ne ressort pas vraiment du lot et ne m'a pas tellement intéressé. Tout est trop sombre, trop désabusé, trop dur à mon goût.
Bref, s'il y a deux albums dont je peux me passer dans ma collection de Donjon Monsters, celui-ci en fait bien partie.