Déjà le troisième volume, et une qualité toujours croissante...
L'univers de Jeremiah se met en place pièce par pièce. On trouve ici plusieurs des éléments principaux de cette série : une communauté qui vit en autarcie selon un mode de fonctionnement qui lui est propre, nos 2 héros qui s'y retrouvent mêlés d'abord involontairement puis de leur propre choix (enfin, pas unanime, le choix...), un déroulement et un dénouement qui les dépasse et donc ils se sortent tant bien que mal. A quelques exceptions près, c'est la trame globale de cette série, ceci dit de façon très positive puisque très majoritairement ce thème est renouvelé de façon passionnante ultérieurement !
Ici c'est la première fois que Jeremiah est autant acteur : il cherche à influer tout autant qu'il subit dans un scénario très bien tourné, Kurdy désapprouve ouvertement, mais finit par s'impliquer malgré lui : on commence à voir ici ce trait de caractère : individualiste forcené, Kurdy ne peut pourtant lâcher Jeremiah...
La réalisation se passerait presque de commentaire, mais on est là pour commenter : le style d'Hermann pour décrire son univers post-apocalyptique et la faune humaine qui y évolue est maintenant presque à maturité. C'est beau, expressif et vivant, évocateur et réaliste, une mention spéciales aux poses et attitudes difficiles qu'ose l'auteur... bref un univers qu'on ne peut pas confondre avec un autre et qui fait une grande partie du charme, voire du magnétisme de cette série !
Ce troisième tome de Jérémiah est encore un cran au-dessus des deux premiers, à mon avis. C'est aussi celui qui m'a rendu réellement accroc à la série, à l'époque où je suivais les aventures du duo Jérémiah-Kurdy dans un magasine à épisodes (Super As pour le citer). Le scénario est très bon, même si on a un peu l'impression d'avoir déjà entendu ça quelque part. Surtout le coup du mec qui est mort depuis longtemps mais qu'on balade sur une chaise en haut d'un balcon pour calmer la foule en bas. Mais bon, les dessins sont superbes, arrivent à donner un ton, une ambiance, un style tel que cette histoire va devenir la référence du genre.
Dans la continuité de la série, Hermann développe encore une nouvelle facette de son univers. Après avoir contribué (mais peu) au renversement d'un tyran local, après avoir contrecarré les projets d'une bande de truands, retrouvé un trésor, l'avoir rendu à ceux qui le convoyaient (au grand dam de Kurdy), Jérémiah est enfin un héros pur et dur, qui va s'investir pleinenment et prendre part, si ce n'est mener, une mini révolution. Kurdy lui aussi trouve ses marques : son pote est un peu fou, tétu, idéaliste, soit. Il en faut bien un qui aie les pieds sur terre et qui surveille les arrières. Et si on peut empocher au passage une pincée de billets, on va pas se gêner, non ?
Autre nouveauté dans la série : les engins à moteurs. Très rares, inexistant dans les deux premiers tomes, on pouvait penser que cet univers post apocalyptique à la Mad Max manquait cruellement d'esssence. Il semble, avec le groupe de blousons noirs à moto, qu'il n'en soit rien. Mais d'autres précisions nous serons données plus tard.
En résumé, j'ai beaucoup aimé le scénario et les dessins, j'ai pris un grand plaisir à lire l'histoire par épisodes, puis à lire et relire l'album. C'est un investissement que vous ne regreterez pas.