Quatrième volume que je peux vous recommander de ne pas lire si vous n'avez pas dévoré les trois précédents.
"L'ascension du Haut Mal" est en effet une biographie en BD, genre encore peu exploité mais certainement promis à un bel avenir : les dix dernières années ont déjà vu la multiplication des oeuvres intimistes. Arriver au beau milieu de l'histoire vous plongerait dans le désarroi et vous ferait sans doute passer à côté de la qualité de l'album.
Si vous êtes un fidèle de la série, vous comprendrez enfin avec la première planche de ce quatrième volume pourquoi le prénom du narrateur était jusqu'alors différent de celui de l'auteur. Vous comprendrez aussi que l'adolescence de David B a été intimement liée à l'épilepsie de son frère, ce fameux Haut Mal qui est le fil rouge de la série. Vous découvrirez les lectures fantastiques de David, la fascination de Jean-Christophe pour Hitler et les dictateurs, les tentatives désespérées de sa famille qui fait appel à des charlatans pour combattre la maladie. Et bien d'autres choses encore, de ces petits riens qui font une vie et des souvenirs.
"L'ascension du Haut Mal" est une des oeuvres majeures de la BD du début de ce nouveau millénaire. Passer à côté serait un peu comme de ne jamais avoir lu "Maus: Un survivant raconte" de Spiegelmann.
Ruez-vous donc chez votre libraire pour entrer dans cette BD hors du commun. Il est peu probable que vous soyiez déçu.
David se sent seul, il se plonge dans la lecture et l'écriture. Les crises de Jean-Christophe sont de plus en plus fréquentes. Ce qui est douloureux c'est de voir cette famille impuissante face à cette maladie.
On voit que Tito régresse, c'est ce qui perturbe profondément David. lorsque l'auteur dessine son frère ou se dessine lors de ses promenades dans le jardin le lecteur est frappé par la noirceur de l'atmosphère. On voit à quel point David est perturbé.
L'auteur tisse réellement un lien avec le lecteur, il arrive à nous faire passer une quantité d'émotions.