Après avoir parodié la quête initiatique de l’élève suivant l’apprentissage d’un vieux maître ainsi que celle du chevalier partant à la rescousse de la princesse, le duo Joann Sfar et Lewis Trondheim emmène ses protagonistes à Cochonville pour une histoire à plusieurs niveaux de lecture.
Cochonville nous propulse au sein d’une ambiance médiévale dans un endroit empli de magie. Un décor qui sert de métaphore au World Wide Web et ou ceux qui quittent le droit chemin sont poursuivis par des modérateurs (attention, il y a également quelques terribles exemplaires sur ce site ).
Ce quatrième tome permet également de voir l’évolution des différents personnages à travers les différentes séries parallèles de l’univers Donjon. On retrouve ainsi nos personnages juste après la fin du deuxième tome de "Donjon Monsters", tout en constatant qu’Herbert est plus confiant en ses capacités, qu’Isis fait maintenant partie intégrante de l’équipe et que cette princesse siamoise des barbares Kochaques et futur épouse du maître du donjon a des intentions pas toujours très nettes.
Malgré un fond toujours aussi décalé, j’ai trouvé l’histoire en elle-même plus sérieuse que dans les tomes précédents. Notons également que pour une fois la colorisation n’est pas l’œuvre de Walter, mais de Brigitte Findakly.
Eh eh, la magie opère ! Pas que ce tome soit meilleur que les trois précédent, nan, mais petit à petit je m'impregne de l'univers si particulier de Donjon, et ça me plait !
Bref, la lecture de ce tome a été pour moi une véritable partie de plaisir.
Les personnages, au fil des tomes, prennent de plus en plus de consistance, et se différencient franchement. La princesse me fait craquer, tout simplement
L'histoire en elle même, etrangement, prend un ton un peu plus grave que celle des autres tomes (attention, tout est relatif, on reste tout de même franchement dans le délire, la ), et l'humour fin de Sfar et Trondheim ne fait pas défaut, à aucun moment.
Le dessin est plus sympa, plus rond, j'ai l'impression... Mais la, je chipotte un peu, car le style est de toute façon tellement personnel...