Je ne connais que M-A Matthieu, Trondheim, Sfar et Thiriet, à peu de choses près. Et de toutes les références inclues dans Le Cycle, je n'ai lu que deux des albums en question.
Alors effectivement, le début de cette petite BD est sympa et la fin très bonne. Effectivement, le travail effectué sur cet album et sur ce qu'il contient est très bon et très sympa. D'une certaine manière, c'est la somme de travail (de recherche, de récupération, etc...) qui est impressionnante ici. (Toute aussi impressionnante que la signature palyndromique d'Etienne Lecroart qui m'a épaté à la toute dernière page (après la fin de l'histoire) : comment a-t-il fait pour faire une image palyndromique d'un nom aussi compliqué qu'Etienne Lecroart ?!)
Maintenant, passée cette somme de travail, il faut avouer que l'histoire en elle-même, la continuité de la narration, bref l'attrait du conte plutôt que celle de l'expérience sur le support même de la BD, est peu captivante. Plusieurs fois durant le milieu de l'album, je me suis pris à plutôt regarder les images, les références et tout, plutôt que de suivre les péripéties et dialogues de M. Marmouset.
C'est un album qui fera référence pour cette expérience que nous offre là Lecroart, mais pas pour son histoire ni l'envie qu'on aurait de le relire. En comparaison, je préfère nettement un M-A Mathieu même si déjà là, j'ai aussi du mal à apprécier l'histoire en elle-même et me concentre plus sur la prouesse technique et intellectuelle.
Ceci étant dit, pour le prix réduit de cet album, j'en conseille nettement l'achat, ne serait-ce que pour posséder cette référence en la matière.
Mouiche, bof, je reste assez dubitatif sur cet album qui explore les circonvolutions de l’espace interséquentiel du petit monde de la bd "d’auteur". Qu’avons-nous à nous mettre sous la dent ? Pas grand chose pour celui qui a lu "Pervenche et Victor" ou encore "Cercle vicieux" du même auteur. Le fil conducteur est assez ténu et a une furieuse tendance à prendre la tangente plutôt que d’épouser la courbure d’un hypothétique récit dont la consistance fait un peu défaut. En fait, toute l’excitation du professeur me semble veine et les dialogues vides de sens. Toutefois, Lécroart innove lorsqu’il calque le style graphique d’autres auteurs, même si ceux-ci me sont trop méconnus pour la plupart. Mais ça reste laborieux et un peu trop hermétique à mon goût.
Apres avoir été ébloui par « Cercle Vicieux » du même auteur, c’est avec impatience et excitation que je me suis procuré « Le cycle », autre œuvre oubapienne de Etienne Lécroart. Et je suis vraiment déçu.
Coté innovation et OuBaPo, c’est toujours un émerveillement. Les différentes techniques et astuces employées par l’auteur sont vraiment ingénieuses et remarquablement mises en scène. Le coup de la page pliée est à ce titre très fort. Les insertions de pages d’autres BDs sont bien trouvées, mais comme d’autres posteurs ci-dessous, je ne connais pratiquement aucune des BDs dont les planches en question sont tirées… forcement ça limite l’intérêt de la chose.
Donc contrairement à « Cercle vicieux », ou même à ce que fait MAM, je me suis ici fortement ennuyé. L’histoire est soporifique au possible, et la pourtant courte lecture a été un vrai calvaire. Bref, l’OuBaPo et les prouesses techniques, j’aime bien, mais à condition que le scénario suive… sinon je ne vois pas trop l’intérêt.