Un nouveau thème dans la série : la religion. Enfin, plutôt ses pires dérives sectaires. Ici un groupe d'illuminés est dirigé par un gourou qui ne l'est pas moins, et bien évidemment la route de nos 2 compères croisent celle de 2 prosélytes bien décidés !
Autant le dire tout de suite : il y a un assez net recul dans la qualité du scénario de ce tome. Il est très linéaire, les personnages secondaires ne sont absolument pas développé, le tout est très manichéen (et même si c'est souvent le cas dans Jeremiah, c'est particulièrement outré dans ce tome), les rebondissement sont moins crédible que d'usage, la fin relève de la pirouette... Bref rien de très critiquable en soi, mais l'ensemble fait que la sauce prend moins, on a du mal à s'immerger dans l'ambiance (du moins en ce qui me concerne).
En revanche, le dessin lui ne connait aucun répit : c'est toujours aussi réussi, voire encore mieux que d'habitude dans certaines pages et grandes cases.
Mais un album est un tout, et si celui-ci est très beau, c'est selon moi le moins bon des tomes jusqu'ici. Toutefois, relativisons ce jugement : c'est du Jeremiah, donc du Hermann, et même une baisse de rythme donne un album plus que correct !
Un sixième tome de Jérémiah qui aborde un sujet très délicat : la religion. Hermann tranche résolument la question par le titre, suffisament péjoratif pour nous faire comprendre où sont les bons et les méchants. Et dès les premières pages, on assiste à une cérémonie où le vocabulaire employé ne laisse place à aucun doute. Seuls les adeptes détiennent la vérité, seuls les adeptes seront sauvés.
Une note d'humour néanmoins vient teinter de gris la noirceur du propos : les deux novices qui partent évangéliser le monde ressemblent beaucoup par leur physique à Jérémiah et Kurdy, coincidence qui ne sera pas explotée par le scénario. C'est assez curieux. Si le doute subsistait encore, dès leur première tentative les deux missionaires ne font pas dans la dentelle : la brebis réfractaire est promptement poignardée.
Jérémiah et Kurdy traversent cette histoire un peu en marge des évènements, leur rôle se borne à protéger leur employeur, qui aura la mauvaise idée de demander l'hospitalité aux membres de la secte, et de feindre d'écouter leurs boniments. Puis, quend il faut ouvrir le portefeuille, il se retracte comme si le sermon n'était qu'un discours pour les naïfs. Attitude somme toute peu intelligente.
Je ne pense pas que le but de cet épisode soit de donner une quelconque leçon, mais bien de monter une nouvelle facette du monde de Jérémiah. Après la guerre, quand le pouvoir en place disparait, il se trouve toujours des manipulateurs de foule qui regroupent sous leur aile les faibles, les timides, les timorés, qui à l'occasion se transforment en lion, la force du troupeau aidant. Et de montrer une fois de plus, s'il en était besoin, que les guerriers fanatiques sont les plus dangereux.
L'histoire est simple, bien menée, avec deux second rôles que nous retrouverons par la suite dans d'autres albums. Le dessin est toujours très soignés, les couleurs servent bien l'ambiance du scénario, rien à redire. Mais rien à dire non plus d'extraordinaire pour ce tome, si ce n'est qu'on nous avait habitué à mieux.
La série Jérémiah prend du galon : voilà que les lecteurs deviennent exigeants ....