Allez c'est parti pour la chronique complète (y a du boulot...) d'une des mes séries fétiches... Donc forcément ça va être plutôt flatteur, mais on va essayer de garder un certaine objectivité !
Ce tome est le premier, il constitue une introduction à l'univers et aux personnages de la série. On fait connaissance avec Jérémiah et Kurdy, pour l'instant presque caricaturaux dans leurs caractères respectif - il faut bien qu'on comprenne quel sera les ressorts des relations du duo et de leur rapport à leur entourage.
Hermann assurant scénario et dessin, on peut difficilement les dissocier... Disons que c'est un galop d'essai, dans lequel on reconnait plusieurs influences graphiques (mais aussi certains éléments du trait caractéristique d'Hermann qui va s'affirmer et évoluer au fil de la série...) et une utilisation intéressante d'un concept connu : la société post-apocalyptique plus ou moins arriérée...
Globalement, dans une série marquante par sa qualité globale, ce n'est pas le meilleur tome (peut-être un des moins bons), mais il donne vraiment envie de découvrir le monde de Jérémiah ! Pour un tome initial, on peut donc dire que c'est une réussite !
Ce premier tome de la série Jérémiah est tout simplement formidable. Le titre est très accrocheur : "La nuit des rapaces" sonne comme un des titres de la série télévisée "Les mystères de l'Ouest", ce qui est un premier clin d'œil. En effet la série est un Western sans en être un. Les protagonistes se déplacent à cheval, sont armés de revolvers ou de Winchesters, et la technologie semble au premier abord très limitée. Mais il n'est pas question ici de cow-boy, de guerre indienne, de chercheurs d'or, ou d'un de ces autres grands classiques du genre. Tout au moins pas pour l'instant.
Non, Jérémiah est une série post-apocalyptique, un peu comme Mad Max, mais où, en plus on n'aurait plus d'essence. Donc pas de grand rodéo urbain, pas d'asphalte, pas de blousons de cuir. La préoccupation principale des uns et des autres est avant tout de survivre. Et pour l'instant, l'auteur nous propose trois grands genres de survivants : les tribus organisées, qui travaillent dur pour survivre, observent une discipline stricte, ne se mêlent pas des affaires des autres, sont impitoyables si l'un des leurs se casse une jambe : il est tout simplement abandonné au bord de la route. C'est à l'une de ces tribus qu'appartient Jérémiah. Autre style : les despotes fortunés, qui entretiennent une bande de voyous pour obtenir de quoi survivre sans se fatiguer en volant, tuant, menaçant, trafiquant, bref toutes les activités illégales possibles. Enfin, les bandes de voyous elles-mêmes qui se vendent au plus offrant, se nourrissent des restes des champs de bataille, bref, des charognards. C'est le profil de Kurdy, le second rôle de cette histoire, qui malgré tout va devenir l'associé, le partenaire et finalement l'ami de Jérémiah.
Comment ces communautés coexistent-elles ? Dans la douleur, bien sûr, car il ne semble y avoir aucune organisation légale, police, armée milice ou autre. C'est la jungle, la loi du plus fort. Perdu dans ce monde hostile, Jérémiah n'a d'autre choix que de suivre Kurdy, qui est pourtant tout ce que son éducation étroite d'esprit lui a appris à détester. Voleur, menteur, joueur, et peut-être pire. Mais Le héros va vite se rendre compte que ces bons sentiments sont illusoires face à la réalité, et en même temps que Kurdy glisse vers l'honorabilité, Jérémiah s'encanaille et se durcit. Ce sont donc des antagonismes magnifiquement restitués dans ce premier tome, ajoutés à une intrigue prenante, et de très beaux dessins.
On peut sans hésiter se lancer dans la série avec ce premier tome.