Ce quatrième tome de Daredevil dans la collection 100% Marvel regroupe six épisodes publiés aux Etats-Unis entre décembre 2001 et mai 2002 (Daredevil Vol.2 26 à 31 Underboss). Après les premiers tomes du duo Kevin Smith - Joe Quesada et une période de transition consacrée à une rétrospective sur le passé de Daredevil par Jeph Loeb et Tim Sale (Joe Quesada se retrouvant éditeur en chef de Marvel), ce sont maintenant Brian Michael Bendis et Alex Maleev qui reprennent les aventures du démon d'Hells Kitchen au sein de cette collection.
En mettant Matt Murdock face au crime organisé de la cité new-yorkaise, Bendis ("Torso", "Jinx") enfonce le diable rouge encore un peu plus dans l’univers sombre d’Hells Kitchen. Le meurtre du Caïd et une tentative d’assassinat sur notre avocat aux sens hyper développés, viennent bouleverser l’équilibre fragile de la pègre newyorkaise.
La construction non-linéaire du récit est parfois un peu perturbante et nous fait voyager dans le passé et le futur proche afin d’expliquer les événements du début de tome. Par contre, Bendis, qui a parfois la mauvaise habitude d’abuser de dialogues, parvient à se maitriser et nous livre même un chapitre entièrement muet (tout arrive).
Le graphisme d’Alex Maleev ("Batman", "Sam and Twitch") est bien loin de celui des premiers tomes dessinés par Joe Quesada, mais colle parfaitement à ce scénario de plus en plus sombre. Personnellement, malgré le talent indéniable d’Alex Maleev, je trouvais les dessins des premiers tomes bien plus agréables à regarder.
Au final, je trouve ce tome un peu moins bon que les précédents, même si la fin promet de venir bouleverser le quotidien de l’homme sans peur.
Comme le dit si bien JeanLoup (d'ailleurs quand il veut il me le rend) Daredevil est à rapprocher de SpiderMan, les deux personnages évoluant dans des environnements similaires. (Le Caïd a été historiquement un ennemi du tisseur avant tête à corne).
Le Daredevil de Bendis est bien dans la lignée éditoriale actuelle du héros l depuis qu'il parait sous le label Marvel Knight: c'est à dire un personnage sombre évoluant dans un New York très proche de la réalité. On est très loin de la période "Strange" avec des vilains aux noms aussi folklorique que l'homme aux échasses ou le gladiateur.
Cet album n'est pas aussi réussi, notamment au niveau du graphisme, que ceux réalisés dans la même collection par Kevin Smith, mais il est cependant assez prenant. Le découpage temporel de l'histoire est bien vu, Bendis maitrise son sujet.
Fan de Daredevil ne bouder pas votre plaisir.
Et pour ceux qui on vu le film (nul) c'est bien mieux.