Pour cet album nous retrouvons plusieurs personnages familiers: Tante Martha (avec son thé et ses biscuits, son mari, et... Stonebridge).
Une aventure avec plusieurs situations séparées qui vont bien sur se relier entre elles mais ce qui change dans cet album ce sont les rôles de Kurdy et Jeremiah qui s'inversent.
Une bonne histoire qui se laisse bien lire mais une question qui se pose a la fin du livre "Et le diamant? "
Coté dessin toujours appliqués mais ce qui me reste toujours a travers la gorge se sont les couleurs, elles sont trop fades et c'est dommage, car je suis sur qu'il y a moyen de mieux faire.
Un bon album
J'ai beaucoup aimé cet album, parce que j'y ai trouvé une profondeur psychologique que l'on trouve rarement dans le monde de la BD. Ne vous méprenez pas, c'est pas un album prise de tête, mais l'histoire est à la fois simple et complexe, suffisement simple pour qu'on comprenne bien le rôle de tous les personnages, et pourtant elle procure matière à réflexion. Donc, je dirais que globalement ce tome mérite 5/5 pour le scénario, quand au graphisme, j'ai quand même encore un peu du mal avec la couleur directe, même si c'est très beau.
Le plus frappant du scénario, c'est sans doute l'attitude de Jérémiah : défenseur du bien, donneur de leçon, il se rend quand même compte à la fin qu'il est aussi responsable que les autres de ce qui est arrivé. Responsable par omission, n'est-ce pas la plus grande des cupabilités ? Alors on se bourre la gueule pour oublier, et puis ça n'a rien arrangé, bien au contraire. Jérémiah trouve refuge chez tante Martha, comme pour se punir.
C'est aussi l'histoire de deux bonnes femmes casse-pieds, une pour chacun (Jérémiah et Kurdy), chacune dans leur genre. Jérémiah à droit au genre affolé, toujours à s'inquiéter pour des riens, à en faire des montagnes, au point que personne ne la croit quand elle a pour une fois raison. Kurdy se tape (en fait, non) la chieuse mondaine, qui se la joue, avec des oooh, des aaaah, une bouche en cul de poule, et une tronche à lire des bouquins qui ont même pas d'images. Mais Kurdy s'en remettra aussi.
Il y a le boxeur, qui la joue Alain Delon de chez les guignols, un Stone-B beaucoup plus inspiré que dans "Le Cousin Lindford", la tante Martha et son thé infect, beaucoup d'ingrédients qui ont déjà fait de Jérémiah une série à part qui ne s'essouffle toujours pas, et c'est tant mieux, avec ce 24e tome.
Disons-le tout de go, ce tome ne m'a pas emballé. Ceux qui ont lu mes avis précédents (là je m'illusionne peut-être un peu ) savent à quel point je suis fan de Jeremiah, et pourtant, je me suis presque ennuyé à la lecture de cet opus, et j'ai frôlé la déception !
En effet, difficile d'accrocher avec cette histoire de flic incapable de prendre une décision entre sa conscience, ses familles, et sa peur... Tout cela le mène à un échec total qui ne nous tire pas une once de compassion, pas plus d'ailleurs qu'à Jeremiah. Lequel d'ailleurs a définitivement évolué, et on le voit ici se livrer à des actes pas du tout dans la ligne de son personnage [ATTENTION SPOILER : meurtre sans menace contre lui ou autre, cuite monumentale et volontaire - le premier des ces actes ayant sans doute provoqué l'autre...SPOILER TERMINE]. Et si cette série est souvent assez violente, ici la violence se fait sordide, avec une scène notamment vraiment glauque... On savait depuis longtemps qu'Hermann ne nourrissait pas une estime extraordinaire pour ses congénères, mais ici il montre un aspect vraiment peu reluisant de l'homme. Quant à Kurdy, on a l'impression qu'il ne vit pas la même aventure que son pote. Pour lui tout se résume à un flirt raté et à un nouvel épisode avec Stone-B, looser récurrent dont l'utilité principale semble être de permettre à Kurdy de se défouler en libérant des instincts sadiques ! Bref, tout cela suffit pour faire une histoire, mais indépendamment de sa qualité propre, je trouve qu'elle ne cadre pas avec le reste la série...
Par contre, le dessin est toujours aussi somptueux. D'album en album, Hermann repousse les limites de sa virtuosité ! Chaque planche, chaque vignettes sont des oeuvres d'art, avec des couleurs magnifiques et toujours superbement adaptées à l'ambiance voulue. Je reste parfois en admiration de longs instant devant un mirceau de bravoure particulièrement beau, et cela de nombreuse fois durant la lecture ! L'ensemble dégage une impression extraordinaire...
Pour résumer, un tome qui souffle le chaud et le froid : à mon sens en retrait au niveau de l'histoire, on touche en revanche au sommet pour le dessin ! Ce qui rend toute notation difficile, et le 3,5 final est une moyenne entre une histoire moyenne et un dessin pour lequel je n'hésite pas à mettre le maximum !