Lucky Luke joue une nouvelle fois les protecteurs dans cet album. Cette fois-ci, c’est un couple de fermiers dont il prend la défense face aux éleveurs représentés par Cass Casey. Lucky Luke choisit donc d’aider les plus faibles et non pas de suivre ceux de sa catégorie.
Cet album symbolise la lutte que se font les fermiers et les éleveurs pour le contrôle de la prairie. Pour protéger ses terres, le fermier Vernon décide d’entourer sa ferme de barbelés, et il est assez troublant de l’entendre dire « Enfin libres », une fois qu’il se retrouve derrière ces mêmes barbelés. Les éleveurs voient eux la présence de ces barbelés comme une insulte et c’est eux qui se sentent prisonniers (« il a osé nous enfermer derrière des barbelés »).
La tension monte dans cet album et semble se diriger vers une guerre à laquelle notre héros ne veut pas être associé. Il reviendra tout de même pour aider les fermiers à se défendre.
L’album regorge cependant de nombreuses touches d’humour et chaque personnage y apporte sa petite note, que se soit Lucky Luke en Aigle redoutable ou le même Lucky Luke se trompant de fenêtre dans le saloon au moment où il s’enfuit, les hommes de Cass Casey recouvert de goudrons et de plumes, les fermiers (surtout Vernon et sa femme qui a la manie du rangement, et le grand père), où encore Cass Casey lui même.
L’histoire de Goscinny est très bonne et très plaisante à lire. Ce sont des albums comme celui-ci qui vous font aimer Lucky Luke
On repart sur la base d'un récit assez manichéen. En général, c'est une idée efficace de cette série.
Ici, d'un côté les éleveurs de vaches, et leurs troupeaux. De l'autre, les paysans et leurs terres herbeuses et saladières.
Au milieu, Lucky Luke, attendant avant de prendre parti, et s'engageant finalement au côté des plus respectueux.
C'est une très belle trouvaille, un ensemble original, pas forcément traité aussi puissamment par les auteurs auparavant.
Mais, car il y a un mais, j'ai trouvé que ça n'allait pas assez loin, qu'on peinait un peu à dépasser la trame de base et les attentes normales de ce genre de récit.
Ca manque de folie, voilà, le mot est lancé.
Ca manque de personnages "à relief", hauts en couleur. A force de rester dans les clous, on perd de la force et on manque de respiration à respecter le convenu.
Le grand "bonhomme" du livre est Jolly Jumper, plus exubérant que d'accoutumée, peut être un peu par choix des auteurs, pour compenser un peu l'excès de sagesse du reste.
Attention, il s'agit quand même d'un tome qui se lit agréablement, mais avec lequel je ne me suis pas surpris à "m'éclater", à ressortir avec ma dose de félicité.
Il me reste, l'ouvrage refermé, comme un petit goût d'amertume, de possibilités inexploitées, d'espaces oubliés.
C'est un peu dommage. Mais bon...
Un des premiers albums que j'ai lu de la série. En tous points cette histoire est remarquable : le thème est très original celui de la lutte des fermiers contre les gros éleveurs. Le barbelé est symbolique de l'émancipation des fermiers face aux propriétaires-éleveurs.
Ce qui est intéressant, c'est de voir que Lucky Luke va choisir le camp des fermiers contre celui des cowboys qu'il aurait du choisir par tradition ou fidélité. Mais ici, une nouvelle fois, il choisit de se mettre du côté des faibles.
La série commençait à vraiment atteindre des sommets dans la créativité. Les sujets étaient toujours très variés.
A noter que les barbelés peuvent être employés comme des symboles étonnants de la liberté. Les fermiers, malgré leur cloisonement derrière ce fil barbelé, se sentent libres. C'est d'ailleurs une très belle scène de l'album.