Je n'avais pas vu le film et je n'avais même aucune idée de quoi parlait cette BD avant de l'entamer. Autant dire que je partais sans a priori ni éléments de comparaison, et j'ai beaucoup apprécié ma lecture.
Le dessin a été la première chose que j'ai remarquée.
Je me suis dit à quelques moments que j'appréciais moyennement certaines cases sur lesquelles il me fallait rester une ou deux secondes pour bien déchiffrer le contenu. Et de même, j'ai constaté avec un peu de regret le caractère changeant de certains visages, notamment celui de Michael O'Sullivan qui ressemble tour à tour à plusieurs acteurs de cinéma à mes yeux.
Mais de nombreuses fois, je me suis dit que j'aimais ce trait auquel je trouvais une certaine classe. Je lui trouve un vrai charme de même qu'une jolie esthétique grâce à sa technique changeante.
J'ai donc un avis mitigé sur le graphisme, mais globalement je le trouve pas mal.
Mais c'est surtout le scénario qui m'a captivé, et cela d'autant plus que je réalisais au fur et à mesure qu'il s'agissait d'une histoire basée sur des faits et personnages réels. Je l'ai trouvé assez fort, prenant et intéressant. J'avais vraiment envie de suivre cet irlandais, d'un côté tueur froid et extrêmement efficace, et d'un autre côté père attentif et affectueux. J'avais vraiment envie de le voir gagner sa "guerre" et mener à bien sa vengeance, la sienne ainsi que celle de son fils. Tant et si bien qu'alors que, fatigué, je comptais n'en lire que le premier chapitre hier soir, je n'ai pas pu lâcher l'album avant la fin.
Et même si les prouesses assassines de O'Sullivan me semblent fortement exagérées, j'ai été fasciné par l'aspect réaliste et crédible de tous les évènements, de cette plongée dans le monde de la maffia par un point de vue assez différent de ce qu'il se fait d'habitude.
Très bonne lecture.
On connaît la fascination du cinéma pour les agissements de la mafia. Des films comme "Le parrain", "Casino", "Les afranchis" ou "Les infiltrés" ont montré tout le potentiel de cette thématique. Rien de surprenant, donc, à ce que cette bande dessinée ait été portée à l'écran (avec Tom Hanks et Paul Newman) !
Avant l'adaptation cinématographique, il y a ce one-shot en noir et blanc signé par deux auteurs américains, Max Allan Collins et Richard Piers Rayner. Ni l'un ni l'autre ne sont franchement connus des amateurs de comics. Ils signent pourtant un bon album, qui exploite bien les ficelles du genre et qui tient le lecteur en haleine.
Le noir et blanc de Richard Piers Rayner est très différent de celui d'un Frank Miller dans "Sin City". Il témoigne cependant d'une maîtrise et d'une précision assez remarquables. Tout au plus peut-on regretter certaines postures figées et une froideur dans le style, comme si l'hyper-réalisme des planches entraînaît une perte de mouvement et de naturel. Mais ne boudons pas notre plaisir : c'est très bien dessiné, très minutieux, et les cases méritent souvent qu'on s'y attarde pour apprécier leur qualité technique et artistique.
Le scénario, comme je l'écrivais plus haut, ne révolutionne pas les codes du genre mais il en use efficacement. On n'est pas forcément surpris mais on apprécie l'ambiance et le contexte des années 1930 - Al Capone et Elliott Ness sont d'ailleurs de la partie. L'intrigue se déroule avec aisance, on suit avec beaucoup d'intérêt cette histoire pleine de violence (les lecteurs ayant aimé "A history of violence", lui aussi porté à l'écran, seront assurément satisfaits par "Les sentiers de la perdition").
Un bon polar sur les pratiques de la mafia, au final.
Les Sentiers de la Perdition est un livre atypique, dont l'histoire se déroule en 1930, peut de temps apres la crise financière américaine de 1929, donc.
Dans ce milieu particulièrement violent, ou le policier de base n'est autre qu'un assassin en uniforme (tout spécialement à Chicago !), une véritable traque va avoir lieu, entre Looney, le caid de la ville, et son ange de la mort, ancien bras droit qui réclamera vengeance àprès l'execution de sa famille par son propre "patron".
L'ange de la mort et son dernier fils, qui nous narre cette histoire, se retrouvent donc seuls et tenteront de faire leur loi dans un milieu hostile où ils sont traqués comme des bêtes...
Le scénario partait plutot bien, sans véritable temps mort, rendant la lecture du livre plutôt aisée. Pourtant, le tout retombera assez vite à plat. L'originalité de départ se dissipe vite, trop vite...
Un bon point : les personnages sont vraiment travaillés. Leur psychologie est assez poussée, et leurs dialogues permettent de les identifier rapidement.
Ce livre n'a donc rien de superficiel, bien au contraire... il méritait peut être juste un traitement un peu plus poussé pour aller jusqu'au bout des ambitions du heros.
Le traitement graphique est lui par contre vraiment original : en effet, l'auteur change de style avec l'action, pour prendre un trait plus dynamique lorsque le besoin se fait sentir, par exemple. Original !
En définitive, un bon album, mais pas révolutionnaire.