Encore un album impressionnant, qui m'a totalement déboussolé! Jusqu'à présent, j'avais bien compris que Jodorowski aimait, dans son scénario, prendre le lecteur à contrepied en développant mélangeant des concepts qui n'ont rien à voir entre eux, à créer des oxymores. Ces derniers étaient utilisés pour décrire l'environnement dans lequel la saga des méta-barons prend place.
Dans ce tome, j'ai vraiment l'impression que l'auteur marque une étape supplémentaire en intégrant cette figure de style à son personnage principal, Tête d'acier, et, par là-même, à l'ensemble de la série:
- Jodorowski introduit la poésie, concept qui jusqu'à présent ne pouvait se déployer dans ce monde froid, gouverné par les seuls combats;
- une lueur de romantisme apparaît dans cet album.
Le plus fort, c'est que ces concepts sont développés par un personnage guerrier qui ne peut avoir de sentiments humains, Tête d'acier. D'ailleurs, ce tome permet de retracer l'extraordinaire évolution de ce personnage, qui au début de l'album, n'a pas une once d'humanité et qui accède à des sentiments et des idées qui font que l'Homme est Homme.
Le mélange des genres est encore une fois assez remarquable et je n’aimerais pas être à la place du psychanalyste de Jodorowski. Après nous avoir présenté, dans le tome précédent, une âme dans un corps qui n'est pas le sien, l'auteur crée ici deux personnalités dans un même corps. J'aimerai bien savoir d'où vient ce penchant pour la schizophrénie... Ainsi l'oxymore est complet, il ne se limite pas à l'environnement mais touche la nature profonde de la caste des méta-barons. Si j'ai pu être décontenancé par le tome précédent, je ne peux que saluer la cohérence de l'ensemble (Oups, je croyais que je n'utiliserai jamais ce terme pour cette série...). En effet, avec le recul, on ne peut qu'admirer le développement de cette saga, qui explique la personnalité de ce nouveau représentant de la caste, bien éloignée de celle de ses grands-parents qui tenaient une petite entreprise familiale.
Dans cet album, Gimenez fait aussi preuve d'un grand talent en sachant illustrer la poésie et le romantisme, et ça, ce n’est pas simple, surtout dans l'univers développé. Le halerce et ses doucas, sont de véritables allégories de la poésie dans cet album... Je ne peux m'empêcher toutefois de signaler que le dessin est très particuliers, parfois brouillon, et que j'ai encore du mal à m'y faire...
Il est clair que l’on n’ouvre pas "La caste des méta-barons" pour s'en payer une bonne tranche. L'histoire est dense, le scénario et le dessin sont torturés et pas forcément appréciables si on se dit que ce n'est que de la BD. C'est un peu plus que cela. Ceux qui voudraient découvrir cette série doivent garder à l'esprit que c'est très particulier et que l'on n'ouvre pas cet album comme on ouvrirait un "lanfeust" (que j'apprécie énormément d'ailleurs), au risque d'être déçu.
Ce tome de la caste des metas barons que je suis en train de decouvrir est une histoire bien ficelée, pleine de rebondissements aussi invraisemblables les uns que les autres. Et c'est ce qu'on aime justement. D'ailleurs, la collection entière est à l'image de ce tome, surpenante et bien orientée dans le scénario. Les dessins sont particulièrement réussis et Gimenez est spécialament performant dans tout ce qui est vaisseaux et autres cétacyborgs. Bref, les deux compéres n'en sont pas à leur coup d'essai. Vivement que je lise la suite pour connaître le dénouement final de cette intrigue.
En attaquant cette série, j'avoue que j'avais un a priori négatif. Je savais qu'elle était bien notée sur coinbd mais j'étais dubitatif. Déjà, Jodorowsky ayant livré des travaux de qualité inégale et ayant du mal à être constant dans ses séries les plus réussies, j'étais méfiant à l'encontre du scénariste. "Le quatrième pouvoir" de Gimenez me rendait tout aussi soupconneux envers le dessinateur. J'ai tout de même décidé de lire l'ensemble des tomes de "La caste des méta-barons". Et c'est effectivement de la bonne science-fiction. Merci, encore une fois, à ceux qui écrivent des chroniques sur ce site et qui savent attiser ma curiosité.
Mais ami lecteur, tu dois te demander pourquoi ce cinquième tome est-il bon ? Je te trouve bien impatient, ami lecteur. Constater que je lui attribue un 4/5 devrait suffire à éclairer ta lanterne. Mais je veux bien argumenter pour te convaincre, ami lecteur.
Si tu n'as pas encore lu les quatre autres tomes, ami lecteur, tu es bien audacieux de lire ces lignes. Si tu les as lus, tu as dû apprécier les planches de Gimenez. Je te rassure : cette cinquième livraison ne le voit pas reculer graphiquement. Couleurs somptueuses, style hyper réaliste, inventivité, trait soigné et précis, ampleur impressionnante des scènes dans l'espace : rien n'a changé. Tu comprends déjà mieux, ami lecteur, ce qui fait l'attrait de la série.
Tu n'as pas dû oublier, ami lecteur, la force créatrice de Jodorowsky. Relis "L'incal" ou "Le lama blanc" pour te rafraîchir la mémoire. Dans "La caste des méta-barons", le scénariste est au sommet de sa forme : idées originales et bien intégrées au récit, événements dramatiques et épiques, épopées spatiale du niveau des meilleures productions du genre. Je réitère ma critique sur les propos balourds des robots qui racontent le récit, mais c'était déjà le cas dans les tomes précédents et j'ai appris à les dépasser pour apprécier l'ensemble.
Ami lecteur, il te reste une chose à faire : aller en librairie ou en bibliothèque (je te laisse le choix car je t'aime bien, ami lecteur) pour lire cette cinquième partie de l'impressionnante épopée des Méta-Barons.
C'est l'histoire du Méta-Baron inhumain Tête d'Acier, insensible à tout sentiment humain.
Après avoir tué son père et sa mère, sa quête sera de découvrir ce qu'est l'Amour.
Il va ainsi devenir un guerrier-poète et un poète-guerrier, tout en retrouvant une tête humaine.
Et là, c'est très fort car l'auteur nous mélange science-fiction et tragédie antique.
En effet, cette complémentarité entre guerre et poésie est un idéal de l'Antiquité. "Bellum" en latin ne signifait-il pas à la fois "beau" et "guerre" ? c'est bien cette dualité qui est retranscrite ici avec brio par Jodorowsky.
Le dessin est toujours aussi original et permet de créer un univers à la fois grandiose, épique et crédible. Les combats spatiaux sont titanesques, l'espace est tour à tour conventionnel ou délirant, la faune et la flore sont stupéfiantes ...