Pour son dernier album avant sa rencontre avec Goscinny, et non son dernier album en solo (il fera encore le numéro 10 seul), Morris signe là un excellent scénario, mettant en scène un personnage qui peut apparaître comme un vrai ennemi pour Lucky Luke.
Certaines des situations de cet album seront réutilisées par la suite, comme la querelle entre deux saloons (dans l'album Le juge). Comme le docteur Doxey dans l'album précédent, Phil Defer donne beaucoup d'importance dans l'histoire. Il se remarque déjà par sa très grande taille (ce qui fait que tout est trop petit ou trop bas pour lui). Mais dans cette histoire, Lucky Luke est plus présent que dans la précédente
La deuxième histoire est elle plus une petite farce et n'apporte rien
Cet album est considéré à juste titre comme le chef d’œuvre de Morris en solo. Bien avant Lee Van Cleef (alias Eliott Belt) ; Morris avait déjà caricaturé un acteur américain spécialisé dans les rôles de méchant : le célèbre Jack Palance.
Son physique longiligne permettait à Morris de faire des dessins d’une redoutable efficacité et de multiplier les effets. Le scénario de cet album fonctionne entièrement sur l’affrontement entre LL et Phil Defer, une sorte de duel à mort. Cela manque quelque peu de surprise, à mon goût. Chose assez inédite, cette histoire est particulièrement violente, puisqu’elle se termine par la mort de Phil Defer ; situation que l’on ne retrouvera plus dans les albums signés par Goscinny. Il est à noter que le personnage de Phil Defer restera longtemps gravé dans les mémoires des lecteurs. Morris fera même un bref rappel à lui dans l’album « Western Circus », puisque Phil Defer apparaît parmi les pires méchants de la série, au côté de Joe Dalton ou Billy The Kid.
A signaler, que l’album présente une autre histoire « Pilules » particulièrement insipide. LL n’y a d’ailleurs qu’un rôle très secondaire.
Cette BD est une bonne BD.
L'histoire du "faucheux" Phil Defer (maigre comme son nom l'indique) contient plein de passages bien trouvés, de surprises distillées avec talent.
Lucky Luke est de plus en plus subtil, ruseur, et ses amis sont au diapason.
Comme d'habitude les méchants sont affreux, leur caractère noir n'étant atténué par aucune trace de bonté.
C'est très simple, manichéen, séparant bons et mauvais, chacun dans leurs camps, et basta on fonce et on se rentre dedans.
Et pourtant, c'est efficace !
J'ai souri aux feintes choisies, aux roueries, aux doutes de Lucky Luke, jamais trop sûr de soi pour en être victime. Sa sagesse commence à poindre, il s'affirme.
Il possède toujours ce style souple venu du dessin de Morris, et l'atmosphère du livre est très caricaturale du monde des villes de la conquête de l'ouest américain à cette époque.
C'est direct, là encore, mais approprié, à nouveau.
Quant à la seconde histoire, moins captivante, elle se lit tout de même agréablement.
Le tout donne donc un tome dont il serait bête de se passer.