Premier album qui met en scène les Dalton, et album à part. Morris, qui signe encore à la fois le scénario et les dessins, utilise les vrais frères Dalton, à savoir Bob, Gratt, Bill et Emmett (et non les Joe, William, Jack et Averell qui seront inventés quelques années plus tard par Goscinny). Ces Daltons sont bien différents de ceux qu'on connaîtra ensuite, car si Bob (le plus petit) est le chef, Emmett n'a pas encore la personnalité du futur Averell. Ces daltons, là sont d'ailleurs bien plus cruel que leur cousins (voir le nombre de victimes).
Le scénario de Morris est donc très original, car les Daltons y sont très différents. Il regorge également de grandes vérités historiques comme la date de la mort des Daltons, le lieu de leur mort, et la présence d'un banquier qui prétend que le coffre ne s'ouvre qu'à une certaine heure. La seule liberté est ... l'intervention de Lucky Luke.
Un album que j'ai donc fortement apprécié par ses grandes vérités, et par l'image unique qu'il donne des Dalton.
Les voilà les bandits Dalton ! Pas ceux que l'on connaît, qui seraient leurs cousins, caricaturaux.
Ici, c'est du violent, du desperado sans valeur si ce n'est celle du colt.
On tire d'abord, ou on explose, et on réfléchit ensuite (encore faut il avoir une pensée).
Les 2 histoires du livre exploitent ces terreurs qui, décédées, ne feront qu'un court passage dans la série.
Ici, j'ai trouvé qu'il y avait, pour un "Lucky Luke", énormément de texte.
Les personnages sont bavards, et la narration en rajoute un peu.
Oh, certes, ce n'est pas encore "Blake et Mortimer", mais c'est copieux à lire.
C'est peut être ce qui alourdit un peu l'expression générale, car le livre est riche en événements, et se lit bien malgré cet abus lettré.
Pas de fioriture non plus: Morris va directement au but, l'action. C'est rythmé, fourni en attaque de banques et en villes terrorisées.
Comme leurs cousins, les Dalton vont vite prendre en grippe le cow-boy solitaire, notre héros, et se jurer de multiples vengeances.
Leur problème, c'est que Luke ne cessera de ridiculiser les Dalton, par des combats où il a le dessus (et souvent dessinés, comme ici, avec des détails rendant les bandits pathétiques), ou par des joutes au revolver où il domine largement.
C'est sûr, pour comprendre d'où viennent Joe, William, Jack et Averell il faut savoir qui étaient Bob, Grat, Bill et Emmett.
Ca rend ce tome important pour la série.
Sinon, le récit est classique, avec une petite blague pour finir (la seconde histoire est plus faible et vient plus en complément- oserai je écrire en "bouche-trou"?-).
Et n'apporte pas grand chose de neuf sous le ciel de l'ouest.