Morris toujours à ses début. Les dessins sont en net évolution. Le scénario peu original finit par lasser. Les petites magouilles du scénario de façon à ce que Lucky Luke s'en sorte toujours indemne sont tellement évidentes que ça finit par lasser là aussi.
Ensemble moyen, malgré un point fort car c'est le premier méchant dans la série qu'on voit du début à la fin. Mais bon comme je suis d'humeur gentille aujourd'hui et que c'est les débuts de Maurice de Bévère, je met 3,5.
Cet album est constitué de deux histoires tournant autour du personnage de Pat Poker, ce qui fait que pour la première fois un thème sert de fil conducteur à tout un album. Mais attention, il n'est pas encore question d'histoire en 44 pages (Morris réalisera d'ailleurs entre les deux histoires de ce tome, celle mettant en scène les Dalton et que l'on retrouve dans le numéro 6).
Morris invente ici le personnage même du tricheur qui grâce à ses ruses réussit a contrôler une ville. Notre héros qui vient dans la ville, pour y faire respecter la loi, se trouve vite ridiculisé (on lui vole tout, même ses habits). Cela provoque donc des scènes inédites, comme celle de Lucky Luke chevauchant un cheval pour enfants. C'est donc très intéressant de voir notre héros en position de faiblesse.
un aspect m'a quand même dérangé, c'est la façon dont Lucky Luke tue un putois, ce même putois qui quelques pages avant l'a bien aidé.
Dans cet album l'histoire (ou les) s'améliore par rapport aux quatre premiers tomes, mais n'est pas encore à son meilleur niveau. Le dessin lui aussi s'améliore, mais il évoluera encore.
A noter que pat Poker réapparaîtra bien des années après dans Le pont sur le Mississippi, mais que son rôle semblera différent (il ressemblera plus au gentil tricheur comme Scat dans La diligence).
Lucky Luke à ses débuts : et pourquoi pas ? C'est vrai, c'est moins achevé, moins maîtrisé, que les Grands livres de la série, mais ce n'est pas désagréable non plus.
C'est moins convenu, ça balaye plus large, et Lucky Luke ne refuse pas l'autodérision dont il est victime tout au début du livre. Il devient plus "référence" par la suite, et moins criticable, même si les auteurs ont su le garder modeste et raisonnable. On le découvre ici déjà roublard et aguerri.
Dans ce livre aussi, le seul mort du colt de Luke de toute la série : un putois !
Pat Poker est bien dans la lignée des "méchants" qui vont venir après : il utilise toutes les fourberies possibles, tous les détours innommables.
Les 2 histoires se tiennent, il y a du rythme et des retournements de situation.
Certes, le dessin est encore basique, mais quoi de plus normal pour le tome 5 d'une série qui s'affirme ?
A conseiller donc, au moins pour le côté "jeunesse" de notre héros, et parce que cet ouvrage est agréable à suivre.
Nous sommes encore à l'époque où Morris est seul aux commandes de Lucky Luke. Il y a déjà de l'humour dans la série, bien sûr, mais moins que par la suite et le ton n'est pas encore à la parodie. Jolly Jumper n'est qu'un cheval performant (il ne parle pas et son rôle reste très secondaire), Lucky Luke avale cul-sec une bouteille d'alcool fort et roule des mécaniques, et si le seul mort est un putois (impitoyablement descendu par le héros, ce qui serait inimaginable quelques albums plus tard !), les trouvailles des bandits pour se débarrasser de l'homme qui tire plus vite que son ombre ne lorgnent guère du côté de la comédie.
L'album est composé de deux récits où intervient le même personnage de joueur malhonnête qui donne son nom à ce volume. L'intrigue manque un peu de relief et souffre de ce format court malgré les nombreux rebondissements imaginés par Morris.
Ce n'est pas le meilleur des Lucky Luke de l'origine, mais l'ensemble reste distrayant et a ce parfum inimitable des vieilles bandes dessinées qui ont bien vieilli et qui rappellent bien des souvenirs à ceux qui les ont lues dans leur enfance.