Le premier Lucky Luke que j'ai lu. Je garde donc une certaine nostalgie par rapport à cet album. C'est avec cet album (et Les cousins Dalton, Le juge et La guérison des Dalton) que j'ai découvert le cow boy solitaire. Cet album (ainsi que les autres cités, je les ai lu chez mes grands parents (c'était ceux de mon père), et ceux Dupuis était d'ailleurs dans leur format d'origine en pochette souple.
Mais revenons en à l'album en lui même. Il se compose deux histoires et de deux gags d'une planche. La première histoire (qui serait la toute première de Lucky Luke), nous présente donc notre héros et son goût pour la justice. On retrouve d'ailleurs les deux bandits de l'album 1. L'histoire est assez bonne à lire et on a plus de l'aventure que de l'humour, comme la scène de la bagarre sur le train.
La deuxième histoire qui se déroule au Mexique m'a guère plu. On est encore loin de l'excellent Tortillas pour les Dalton, mais c'est original de faire franchir (pour la première fois), la frontière à notre héros.
Jolly Jumper est toujours le compagnon fidèle, mais n'a pas encore la parole.
Le dessin n'a guère changé depuis le 1er album et c'est toujours Morris qui est seul aux commandes.
Un très bon album que je recommande donc plus pour sa première histoire.
C'est l'époque où Lucky Luke possède encore ce style "mou" (pour le dessin !), ce corps lisse, digne des histoires de jeunesse.
Déjà, pourtant, il est rusé et il connaît les feintes du far-ouest.
Oh, certes, le récit est basique, mais géré avec humour et digressions, et Jolly Jumper y affirme déjà sa personnalité, sans paroles cependant.
On est avant Goscinny, avant ces scénarios et ces études poussées de personnages, pourtant cet ouvrage recèle bien des qualités.
Je l'ai trouvé très agréable à lire, avec ses 2 histoires de poursuite. J'y ai trouvé du plaisir, bien plus que dans des tomes ultérieurs, soit disant plus travaillés, mon oeil !
Arizona est une affaire d'honneur et d'or aussi un peu. Lucky Luke contre Cigarette Caesar reste plus basique, plus ironique, mais s'avère à sa manière efficace.
Bref, on est sur les rails et quand on parcourt ce livre, on ne s'étonne pas que quelques tomes après la série ait pris son essor, vues les bases solides sur lesquelles elle reposait.
Et ça rafraîchit, cette spontanéité, ce respect de la lignée, des esprits directeurs du far ouest, le duel, la ruse, les renégats, le règne du colt, les poursuites, les chevaux.
Notez aussi pour info (mais ce n'est pas quelconque) que dès la seconde histoire, Lucky Luke abandonne sa chemise à carreaux jaune pour en adopter une unie. Celle qui fera sa gloire.