Ne vous attendez pas à vibrer ou frissonner aux côtés de terribles flibustiers : à part un abordage, on n’a pas vraiment l’occasion de partager les aventures de ces écumeurs des mers.
Non là n’est pas le moteur du récit. Les auteurs nous invitent plutôt à suivre le parcours singulier d’un homme, Lord James, sur fond de piraterie, de romantisme et de fantastique. Dans cette suite, on se plaît à découvrir une île fort étrange et ses curieux habitants. Le temps semble alors suspendu et l’histoire se distingue surtout par sa dimension poétique.
Et puis la parenthèse se referme, les événements prennent une tournure aussi soudaine qu’inattendue et les années défilent à vive allure pour déboucher sur une fin somme toute classique.
Dès la première page, on est emporté par le graphisme sublime de Florence Magnin. Elle a illustré bon nombre de contes avant de se lancer dans la bd et ça se voit. Cela dit, là où elle excelle dans les cases contemplatives, son dessin pêche quelque peu dans les scènes d’action (les personnages paraissent figés). Dommage, mais je le répète, l’action n’est pas le leitmotiv du récit.