J'aime bien cette série; je la trouve belle et de qualité, mais sans véritablement l'adorer en définitive.
Côté dessin, je le trouve très sympa, tant au niveau du trait que des couleurs.
Et côté scénario, je les trouve originaux et bons.
Ce premier tome est cynique et moqueur. Il comporte 2 thèmes à mes yeux, l'un portant sur la société de consommation et les consommateurs eux-mêmes dans tous leurs excès et leur horreur, l'autre sur une histoire d'amour entre un jeune homme cynique mais doté d'un humour certain et une jeune fille anorexique et maniaque. Le tout est raconté de manière plaisante, originale, drôle tout en étant réaliste. La fin de l'histoire est dure mais bonne.
C'est bien fait, bien dessiné, bien raconté, original, drôle mais noir à la fois.
Ceci étant dit, je n'ai pas complètement accroché car bien qu'ayant passé un bon moment de lecture, l'histoire n'a pas su vraiment toucher ma fibre émotionnel ni me donner l'envie pressante de posséder la BD, mais je reconnais en cette série de vraies qualités originales.
"Dans l'cochon, tout est bon" est une satire de notre société de tous les excès (consommation pantagruélique, pollution à tout va et autres joyeusetés). Le cadre de cette bd a donc de quoi indisposer sans pour autant paraître vulgaire ou déplacé. Dans cet univers pour le moins particulier, Mazan ancre l’histoire de Philibert dont sa vie a basculé depuis sa rencontre avec Léa. Le découpage en chapitres permet de passer d’un moment de la vie de Phil à un autre sans difficulté. Un soin particulier a été apporté aux dialogues que je trouve vraiment bon ! L’auteur nous présente un récit touchant avec un final poignant. Quant au dessin, j’apprécie ce style assez caricatural dans le ton et rehaussé par une mise en couleur qui retranscrit fort bien l’ambiance du récit.
Bref, voici une histoire fine, cachée sous un amas de chairs fétides . . . l’auteur ne s’épargne aucune difficulté !
Une ambiance et un monde un à part, avec deux personnages principaux vraiment atypiques dans une vision post apocalyptique du monde pour une réflexion sur la vie à deux, à l'amour, aux petits défauts de l'autre et la différence.
Le scénario ne présente pas de réelle révolution, mais le ton et le style de la narration apportent beaucoup à cette histoire d'amour entre deux anorexiques. L'histoire est courte mais rythmée, pleine d'ingéniosité et de vérité. Bref, une vrai surprise et un plaisir de lecture démultiplié.
De plus le graphisme tient plus que la route et propose une vision très bien retranscrite de l'esprit développé dans le scénario. Ca reste classique au niveau conception, mais le résultat est plus que correct.
Petit défaut peut être, le titre peu accrocheur qui m'as longtemps fait hésiter à acheter cet album, mais je reste très agréablement surpris par la qualité générale de ce tome.
Pas mal cette idée de ramener les choses et les gens à la nourriture. Ca permet d'avoir un regard sur soi même, de se demander si l'on est vraiment ce que l'on mange (un vieux proverbe indhou*).
L'histoire est bien menée, j'aime assez le découpage en chapitres (et les titres de ces chapitres) et le dessin est sympa.
Mais, s'il recèle d'excellentes pages (le regard sur le monde, la lucidité finale du héros qui ne tient pas devant tant d'abstinence) ce livre manque quand même de folie.
Par moment, j'ai trouvé que Mazan suivait un peu trop son idée de nourriture, il reste trop associé à elle. D'un fil directeur, il a peut être fait un fil limitateur, le bridant, alors que l'on le sent capable de plus d'envie créatrice et d'idée de surprise.
Quant au coloriage à l'ordinateur, je trouve qu'il n'est ici que moyennement réussi (teintes, liens entre les couleurs), même s'il respecte bien l'état d'esprit du livre: un peu morose. Est ce une qualité de tant coller au sujet ? Moi ça m'a plus gêné qu'autre chose (mais ça c'est personnel).
* : Je vous renvoie à Savoy truffle sur l'Album Blanc des Beatles où George Harrisson lâche :"What you eat you are".
Voila la BD que je redoutais par dessus tout, tiens ! celle dont la couverture me faisait fuir, tant elle me suggérait des séries telles que celles de Cestac, par exemple, le type de BD que j'ai beaucoup de mal à apprécier, en définitive.
C'est donc sans conviction que je me suis lancé dans la lecture de cet album bien particulier...
Un album qui sent le vrai, le réel, qui me rappelle au fil des pages de bons souvenirs, et qui m'a fait oublier la réalité le temps d'une des lectures les plus fraiches qu'il m'ait été donné de lire dernièrement.
Mazan exprime des choses simples mais véritables d'une très belle manière, sans pour autant égaler larcenet dans son combat ordinaire, tout de même. Mais on s'attache aux deux personnages principaux, à leurs qualités, à leurs défauts. Vraiment, c'est agréable.
Le dessin de Mazan, à la lecture, m'a beaucoup plus. On peut retrouver parfoit le style d'Alfred, surtout dans la description des personnages les plus forts physiquement. La couleur est vraiment sympa, travaillée, et ajoute beaucoup à l'ensemble.
Bref, une très bonne surprise, pour moi... à lire !
Bizarrement la couverture de cet album ne m’avait jamais donné envie de l’ouvrir et de le feuilleter. Bizarrement, car en fait j’adore le dessin de Mazan, et l’intérieur de cet album ne fait pas exception, puisque le dessin y est superbe, avec des personnages extrêmement caricaturaux, et des couleurs véritablement sublimes, qui créent une ambiance étonnante.
Ladite ambiance est également suscitée par les personnages particulièrement savoureux : ces énormes bonnes femmes grassement joyeuses, qui ne pensent qu’à manger de la viande, la gigantesque bouchère, une espèce d’ogre de la charcuterie, les employés de l’usine de gélatine, à la tête d’orque… et Léa, bien sûr !
Plus encore que les personnages, c’est l’abondance et la cohérence d’une foule de petits détails qui pose le décor : panneaux publicitaires portant des parodies de slogans finement étudiées, panneaux, enseignes de magasins, et bien d’autres détails qui soulignent parfois le propos de la case en cours d’une manière étonnante, et qui demandent une attention assez soutenue.
C’est un album fait avec une grande intelligence et un grand souci du détail, et ça j’aime vraiment beaucoup. Je ne sais si Mazan a réellement quelque chose contre la publicité qui nous submerge, contre les grandes compagnies qui mettent n’importe quoi dans la nourriture que l’on achète, contre la pollution en général, mais il traite le thème d’une façon très ironique et habile, presque en second plan.
L’histoire, découpée en trois chapitres (plus un épilogue) n’est pas exactement une aventure, mais plutôt un morceau de la vie de Philibert et de sa rencontre avec la jolie Léa. Je ne sais s’il y aura un jour un deuxième tome, mais au vu de la qualité de celui-ci, je ne peux que le souhaiter ardemment !