Et Rabaté de poursuivre son bel ouvrage en offrant au lecteur ravi cet avant-dernier tome de "Ibicus", série qui révéla au monde bédéphile l'immense talent de cet auteur. Profitons-en pour rappeler que "Les petits ruisseaux", album réalisé plus tard par le même Rabaté, est un indispensable !
Mais revenons à la Russie révolutionnaire de 1917, explorée par Alexis Tolstoï et mise en images par Pascal Rabaté. L'album s'ouvre sur une mémorable séquence qui met Nevzorof aux prises avec les méthodes totalitaires du pouvoir. Emprisonnement, torture, repli sur soi : les premières planches sont profondes et bouleversantes. Siméon, placé face à sa lâcheté, affiche toute son humanité en même temps que sa petitesse. Et si la dernière partie sur le bateau est un peu moins réussie, l'ensemble de l'album illustre avec beaucoup de force les troubles révolutionnaires dans toute leur sauvagerie.
Rabaté adapte donc Tolstoï avec la même verve que dans les deux premiers albums, et graphiquement, c'est toujours splendide. Le trait au lavis est un plaisir pour les yeux dont on ne se lasse pas malgré les relectures.
Vous avez de la chance si vous ne connaissez pas encore Pascal Rabaté : "Ibicus" vous promet de belles heures de découverte en perspective !
Siméon Nevzorof est obligé de subir les événements qui s'imposent à lui, de dominateur jusque-là, il se retrouve dans une position de victime, quelque part, obligé de travailler pour le contre-espionnage.
Le décor lui aussi change, puisqu'aux grands espaces du tom e 2 succède un huis-clos plus ou moins étouffant, se déroulant à Odessa. Puis Siméon monte sur un bateau pour l'étranger, pour se retrouver dans une micro-société aux allures parodiques, comme si Tolstoï avait voulu regrouper tous les excès de la société bolchevique, telle qu'elle était devenu, dans un espace plus ou moins étriqué.
Du coup, on ne sait pas trop quoi penser de ce tome 3, on est dans une situation d'attente...
Siméon Nevzorof, fuyant les bolcheviks et lançant un commerce de peaux afin de redorer son blason et de combler sa destinée pleine de richesses, se retrouve séquestré par le contre-espionnage.
On retrouve un Siméon qui n’est plus du tout maître de sa destinée. Lui qui avait grandit sur les malheurs de la guerre, saisissant chaque opportunité à deux mains, se retrouve maintenant comme un pantin au milieu d’une guerre et d’un destin qu’il ne contrôle plus. Heureusement sa lâcheté et sa fourberie le sauveront à nouveau et c’est en tant que membre du contre espionnage qu’il parviendra à fuir pour Istanbul.
Même si l’histoire de ce troisième tome est un peu plus confuse et moins fascinante, le dessin et l’ambiance (dont le passage en prison) restent du grand art.
Mais, ça reste quand même dommage de voir Siméon réduit à un rôle de victime quand on connaît toutes les ressources de ce charognard. On se demande bien où il va et si la voyante tzigane avait bien raison quant au destin de Siméon, mais faisons confiance à Rabaté et ... Alexis Tolstoï.
Et revoilà Siméon Nevzorof en bien mauvaise posture. Enlevé et tabassé dans sa chambre d'hotel, le voici bientôt enrôlé dans le contre espionnage.
Dans ce 3ème tome, Siméon subit plus les événements qu'il n'est acteur. Il est bien loin le temps où celui-ci profitait de la révolution bolchevik pour s'enrichir avec sa salle de jeu clandestine.
Un 3ème tome synonyme de descente aux enfers pour Siméon, magistralement illustré par Rabaté mais dont le récit est, par moment, un peu confus (d'où un 4/5 donné à cet album d'une série valant les 5/5).