Avec ce quatrième tome, Jodorowsky prouve que "La caste des méta-barons" est une partie incontournable de son oeuvre, aux côtés de "L'incal", et Gimenez confirme tout le bien que l'on pouvait penser de son aptitude à manier talentueusement le pinceau.
Cette série est vraiment la rencontre de deux talents complémentaires. Gimenez est à l'évidence fait pour la science-fiction, en tant qu'illustrateur j'entends ("Le quatrième pouvoir" se révélant médiocre en terme de scénario). Mise en couleurs somptueuse, combats spatiaux d'envergure, créatures originales et équipements détaillés : rien ne fait peur à Gimenez ! Il donne au scénario de Jodorowsky toute sa force et livre des planches qui sont d'ores et déjà une référence dans la BD de SF.
Jodorowsky a toujours des débordements que je n'apprécie pas lorsqu'il fait parler ses robots ("J'aimerais être pourvu de cet orifice poilu que les bios appellent cul pour pouvoir chier de peur"...). Mais ces moments incongrus qui font sortir du récit dramatique sont heureusement négligeables comparés à l'épopée des méta-barons. Il y a plein de détails et de bonnes idées qui créent un univers foisonnant dont tout amateur de science-fiction ne pourra que se délecter. L'existence de méta-baron n'est pas enviable, et ce tome-là ne fera que le confirmer : Aghnar en aura décidément bavé au cours de sa vie !
C'est donc un incontournable pour les amateurs du genre.
Chaque nouveau Méta-Baron semble plus puissant que le précédent. Et chaque nouveau tome commence par une scène où l'actuel Méta-Baron montre l'étendue de ses pouvoirs, qui semblent illimités.
Mais ce tome offre un mystère qui entretient le suspense ? quelle est cette cicatrice sur la tête de l'actuel Méta-Baron ? qui lui a fait puisqu'il est censé être invulnérable ? je crains que nous n'ayions la réponse que dans le dernier opus...
En attendant, la narration par les robots de l'histoire de cette caste se poursuit pour arriver à la génération qui va mettre fin à l'allégeance des Méta-Barons à l'Empire.
La violence et la cruauté semblent atteindre leur paroxysme ici : incestes, trahisons, violence physique et mentale... l'histoire se complexifie et on commence à comprendre l'évolution de la caste vers la perfection guerrière.
Si je devais faire un petit reproche, ce serait sur le pourquoi de la survie d'Honorata à sa bombe intégrée : on lui découvre de nouveaux pouvoirs bien pratiques dans ce cas-là. Mais en même temps, rien ne semble impossible dans cet univers, et on y croit volontiers.
En tous cas, ces histoires de famille sont passionnantes !
Le tome 4 de la généalogie des Méta-Barons et de leur caste est un des plus dynamique de la série entière. On continu a explorer l’arbre généalogique de cette lignée si spéciale et on en arrive a Oda la bisaïeule. Quelle femme elle fut ! Sauvée de justesse par son amant pendant une séance d’insémination un peu forcée elle est blessée mortellement mais son cerveau est sauvé de justesse (amateur de warhammer 40000 ça ne vous rappelle pas quelque chose ?).
Et voila que revient la mère de Aghnar qui par un vicieux processus se transpose dans le corps de l’aimée de son fils. Une sombre histoire d’inceste caché du fait qu’il s’agit encore du corps de Oda mais de l’esprit d’Honorata… Diable c’est un peu compliqué mais ça montre tout le talent d’un Jodorowski qui se démène et explore et développe son univers avec toujours des trouvailles somptueuses.
On découvre aussi les premières formes de trahison dans la caste sacrée et les problèmes dus à l’enfantement de la manipulatrice dont le fils sera renié par Aghnar. Chaque page est pleine de découvertes de péripéties et d’aventure. C’est superbe à lire, prenant et étonnant. Malgré la complexité de l’intrigue et les multiples rebondissements et personnages, on nage en terrain connu et chaque planche a son rôle dans le déroulement de l’histoire.
Coté graphisme, la aussi ça décoiffe, certes c’est un peu chargé mais ce dessin possède une telle force que l’on se laisse entraîné dans ce tourbillon de couleurs et de personnages fantastiques et imaginaires.
Tout y est pour un album phare d’une sérié reconnue et c’est normal du fait de sa qualité croissante et toujours aussi présente.