J'ai parcouru pour ma part une nouvelle édition de l'ouvrage, parue en juin 2005 chez "Actes sud BD".
La couverture est verte-foncée et noire, plus dans l'ambiance du livre que la jaune initiale.
Le livre est préfacé par Art Spiegelman, qui explique sa genèse, et comment l'idée est venue d'adapter Paul Auster, avec l'aide de ce dernier, en BD.
Cet ouvrage possède d'excellentes idées, et les deux premiers tiers sont passionnants.
La fin est moins réussie, plus rapide, un peu gaspillée.
Mais les auteurs, disent-il, ont tenté de coller à l'écriture d'Auster, d'y rester fidèle au maximum, d'adapter graphiquement ses idées à l'aide d'autres trouvailles, correspondantes.
On a donc affaire à plusieurs choses en une.
A un dessin léché, géométrique, propre, puis à des traits libres, anarchistes, dispensés sans réserve, à un style plus lâche. Ca correspond bien à l'errance, à la même période, du héros.
L'histoire, aussi, est prenante, avec une fin forte, mais un peu obtuse.
En tout cas, il s'agit d'un livre qui porte sa propre lecture, qui encourage le lecteur à aller plus loin, un ouvrage d'adaptation réussie.
Maintenant (est-ce que ça vient de Auster avec ses qualités et ses opacités aussi ?) parfois c'est complexe.
Il faut suivre. ce n'est pas toujours simple.
Quinn a 35 ans, sa femme et son fils sont morts. Autrefois Quinn écrivait des poèmes, des pièces de théâtre, et des essais. Désormais Quinn n’écrit plus que des romans policiers qu’il signe William Wilson. Quinn ne semble plus vouloir exister.
Quinn reçoit plusieurs coups de téléphone d’un certain Peter Stillman, il demande le détective Paul Auster. Apres avoir refusé plusieurs fois Quinn accepte de le rencontrer, il se fait passé pour se détective.
Pour ceux qui veulent en savoir un peu plus :
Après la mort de sa mère, lorsque Stillman était enfant son père l’enferme dans une chambre noir pendant les 12 premières années de sa vie.
Le père qui se nomme aussi Peter stillman a été emprisonné pendant 13 ans, il sort de prison à l’heure où Peter Stillman lui raconte son histoire. Quinn est engagé par Peter pour empêcher son père de le tuer. Pendant des semaines Quinn va suivre le vieux Stillman jusqu’au jour où il perd sa trace. Quinn restera dans une ruelle devant la maison de Peter Stilman fils pendant des mois. Au bord de la folie il s’enfermera et écrira ce récit.
Pour ceux qui apprécient Paul Auster je recommande fortement cette œuvre.
Cette Bd qui est adaptée du roman de Paul Auster est un vrai plaisir graphique. Le texte met en avant le dessin. Le dessin lui complète intelligemment le texte. Le dessin apporte énormément à l’œuvre car il est explicite et il dégage davantage l’ambiance parfois angoissante du récit.
Pour le scénario je pense que beaucoup d’avis seront divergent. Personnellement j’ai apprécié de voir comment cet homme peut emprunter l’identité d’un autre, puis pour finir, s’oublier et ne plus savoir qui il est.
C’est un livre assez noir qui laisse un certain malaise lorsqu’on le referme.