On retrouve avec plaisir cet univers si particulier et cette histoire un peu déroutante, qui avaient fait les charmes du premier tome. On retrouve Othon presque là où on l’avait laissé à l'issue du premier tome. Un fait d'armes plus tard, il se retrouve promu méta-baron (c'est donc de là que ça vient, cette dénomination) par le couple impérial. Il se voit aussi "offrir" une femme, qui lui permettra de procréer et d'assurer ainsi sa lignée...
J'ai aimé la continuité de ce tome avec le précédent, et c'est rassurant de constater que même si le scénario est aussi tordu que les dessins, les auteurs savent vers quoi ils veulent aller. On se laisse d'autant plus embarquer dans cette aventure. Encore une fois, j'ai été séduit par le mélange des genres. Je ne reviendrais pas sur le couple scénario/dessins, mais cette fois-ci, ce sont les sentiments qui s'entrechoquent : des sentiments forts d'amour et de haine, de grande joie et de grande détresse. Un sens de l'honneur exacerbé qui se traduit par la mutilation, élevée au rang de rite initiatique pour intégrer cette caste des méta-barons. C'est fort, c'est dur, c'est cruel, autant d'éléments mêlés qui n'ont pu que retenir mon attention et mon intérêt. Le contraste entre ces sentiments et le monde froid dans lequel nos protagonistes évoluent, est saisissant.
Contrairement au premier tome, qui semble-t-il, marquait la fin d'une dynastie, ce tome ouvre les perspectives et lance véritablement la série. Les interrogations sur l'origine d'Honorata trouveront à n'en pas douter leurs réponses dans les tomes à venir. Cette ouverture suggérée à la fin de cet album ne peut que constituer une invitation à lire la suite.
Malgré un bon ressentiment final, je reste plus réservé sur quelques aspects. Le dessin, tout d'abord peut être superbe (notamment dans les scènes de combat entre véhicules spatiaux) mais il faut quand même s'y habituer... Par ailleurs, les deux robots commencent à me courir sur le système, car je trouve qu'ils ne se renouvellent pas énormément (le coup des diodes qui vont griller revient, à mon goût, un peu trop souvent). Enfin, je n'ai absolument rien compris aux premières pages de cet album. Ces éléments ne peuvent que justifier cette note, un poil inférieure à celle du tome précédent.
J'ai trouvé ce deuxième tome plus prenant que le premier. Et sans savoir encore ce que vaut la suite, je commence à mieux comprendre pourquoi "La caste des méta-barons" a bonne réputation sur la peite planète bédéphile.
Déjà, j'ai beaucoup apprécié le dessin. Dans un style très réaliste et par une mise en couleurs particulièrement soignée et convaincante, Gimenez livre des planches assez mémorables qui donnent une belle envergure à l'univers imaginé par Jodorowsky. Les combats, les machines, les créatures et les personnages sont tous mis en scène avec talent. Il y a une réelle atmosphère qui se dégage de ce travail et qui contribue largement à la réussite de l'album.
J'ai toujours un peu de mal avec l'humour de Jodorowsky, et les réflexions des robots qui narrent le récit me paraissent déplacées, ou tout au moins tombent à plat. Fort heureusement, elles sont secondaires et ne font que très temporairement sortir le lecteur du récit. Avec beaucoup de voix off et en se centrant sur les scènes-clés qu'il a sélectionnées (poursuivant ainsi sa démarche adoptée dans le premier volet), le scénariste livre une histoire à la fois originale, ambitieuse et dramatique, sur fond de space opera habilement mis en place. Alors qu'il a parfois du mal à canaliser ses idées foisonnantes, Jodorowskky se discipline dans ce deuxième album et exploite réellement la qualité de son imaginaire. Il y a donc plein de bonnes choses dans l'album, et pas grand chose à trier !
Amateurs de SF, ne vous dispensez pas de la lecture de "Honorata la trisaïeule" car on n'est pas loin du niveau des meilleurs épisodes de "L'incal".
On continue sur la même lancée ... et ça reste toujours aussi étrange, mais aussi très bon.
Y'a pas à dire, on a une vraie unité dans l'univers des Méta-Barons !
C'est toujours aussi sauvage : une violence aussi bien physique que mentale, une cruauté d'une sauvagerie inouie mise en parallèle avec des sentiments forts (amour, fierté) et complètement exacerbés. C'est vraiment un cocktail étrange, voire même dérangeant !
Le dessin et les couleurs illustrent parfaitement cette histoire, avec des tons pâles qui nous rappellent la froideur de ce monde.
Les dialogues sont assez bien sentis et le système de narration toujours efficace. Les pauses dans le discours du robot sont bien distillées afin d'entretenir le suspense et leurs répliques sont parfois assez drôles.