Pas de doute, c'est une BD qui marque.
Les personnages (les enfants surtout) ne sont pas simples, mais comme chacun, dans la vraie vie, vont et viennent avec leurs humeurs, leurs emportements, leurs contradictions.
L'histoire n'est pas classique, ni courue d'avance, et elle mêle avec talent les faits historiques (ça se passe à l'époque de la guerre d'Algérie) et le récit propre.
Le dessin m'a un peu dérouté au premier abord, je ne le qualifierais pas d'esthétique, mais il colle excellemment au texte.
Et puis, le noir et blanc, ici encore, ça donne une sacrée force au livre.
Du bon travail, et comme l'écrit Frank dans la préface :"Il ne m'étonnerait pas qu'avec cet album, François Duprat inaugure une belle série de récits originaux". Je suis assez de cet avis.
2ème avis :
J'ai été enchanté par la version noir et blanc.
Par malheur, j'ai tardé un peu à l'acheter, et ce livre n'était plus édité qu'en couleurs.
Mon impression a été moins bonne.
Le job n'est pas mal, mais ça n'a pas la profondeur de l'ouvrage initial, où l'atmosphère était plus sombre (et pour cause !). A moins que ce ne soit l'effet d'une deuxième lecture, mais je ne crois pas, l'intensité de l'histoire perdurant (même si l'allusion au fils se fait longue à venir).
Ca reste une histoire bien pensée, avec des intonations justes et des personnages qui sonnent vrai. L'appel aux morts est bien trouvé et, entre le morbide et l'évasion, on est bien dans un univers d'enfant que l'on peut comprendre, justement entre incompréhension et manques.
C'est un très bel ouvrage qui ne vous laisse pas intact au bout du compte.
Promis, je tente de me procurer le noir et blanc !
Indispensable ? Pas loin !
Un exemple de plus où l’on voit que les « petits » éditeurs méritent d’être lu par davantage de personnes...
« Mon cousin dans la mort » renferme tout pleins de sentiments, cette histoire nous emmène dans nos bons vieux souvenirs de quand on était petiots : gentils, pas gentils, tristes, joyeux, solidaires, crapuleux comme pas possible… On a tous connu des moments semblables et cela nous permet de lire cette BD en y étant totalement intégrée.
Mais il y a une telle présence de méchanceté dans cette lecture que l’on s’attend à ce que tout devienne tout beau tout rose, aussi bien dans le monde des adultes que dans celui des enfants. On voudrait que Lili retrouve l’amour de son père, qu’elle s’amuse avec ses « camarades » de classe et qu’on oublie qu’elle se fait appeler la sorcière juste parce qu’elle parle avec les morts.
Au fil de la lecture, on aimerait voir tout ça et on se dit qu’il y a vraiment une innocence chez les enfants...naïve certes mais une véritable innocence qui me fait craquer...
Même avec les illustrations, tout cela est exposé. Par moment, il n’y a aucun besoin de mettre des bulles, tout est représenté par les simples visages de tous ces personnages. Y’a rien à dire, au niveau expressions des sentiments comme du dessin en général.
Je trouve que ce qui vraiment peut plaire à tous, c’est la « simplicité » de cette BD. Petit format, en noir et blanc, traits simples mais tout cela nous emporte sans peine dans cette petite histoire qui je l'espère sera lue par un grand nombre de personnes et ainsi être appréciée à sa juste valeur...
Petite découverte au détour d'un festival. Je ne l'avais jamais vu avant, et j'ai immédiatement craqué sur le dessin.
Il a quoi le dessin ? oh presque rien, mais juste ce qu'il faut pour qu'on sente que ce petit livre a une sensibilité rare. Et puis, je reste encore assez impressionné par la juste utilisation des plans, par la mise en page. Duprat est un metteur en scène comme il y en a trop peu dans la bd.
Du début à la fin de la lecture, on passe tour à tour de la joie à la mélancolie, de l'espoir à la rage. On attend toujours que certains personnages se rendent compte de leurs défauts et changent, mais non, tout le monde ne change pas, ce serait trop beau.
J'aime beaucoup les livres où les protagonistes sont des enfants qui regardent le monde des adultes, c'est souvent touchant de naïveté et de réalisme à la fois.
Ici, on a peut être un peu trop poussé le manchéisme, mais cela ne choque pas, tout se déroule sans accrocs notables... dans la narration du moins.
Alors je suis content d'avoir lu ce livre qui réussit parfaitement à faire parler un visage où une scène, sans dialogue. C'est très fort.