Ce n’est pas un album de la série Adèle Blanc-Sec. Pourtant, on ne peut que recommander de le lire après « Momies en folie » et avant « Le secret de la salamandre ».
Adèle n’apparaît pas une seule fois dans ces planches. En revanche, Brindavoine, Lindenberg et quelques autres vont réapparaître dans la série. On peut même dire que Brindavoine tient une place centrale dans le cinquième tome. Tardi a donc tellement mêlé cet album, théoriquement indépendant, aux aventures extraordinaires de son héroïne qu’il est judicieux de le lire pour tout saisir dans « Le secret de la salamandre ».
Cette recommandation étant faite, il faut bien l’avouer : cet album est boîteux. L’histoire principale est même franchement ratée, oscillant entre l’inutilement compliqué et le grotesque à demi-souhaité. Le personnage qui fait le lien avec « La fleur au fusil », second récit de ce tome, confesse d’ailleurs la vision de Tardi de sa propre BD : « interprétation maladroite », « rien n’est en place dans cette histoire » « pardonnez-moi ! tout cela n’était que prétention en manque d’expérience »… surprenant de lire ce genre d’auto-critique, mais aussi bienvenu : Tardi nous rend finalement confident et l’on est presque satisfait de voir que l’auteur accepte de nous mettre sous la dent une œuvre dont il aurait pu refuser la publication.
Et puis, « La fleur au fusil » a beau être une courte histoire, elle est intéressante puisqu’elle annonce le fameux « C’était la guerre des tranchées », LA référence sur la Première Guerre mondiale en BD. On y perçoit déjà tout le dégoût de Tardi pour la guerre, qu’il affirmera d’ailleurs dans le tome suivant d’Adèle Blanc-Sec.
Album faible, ce volume mérite d’être lu si vous êtes fan d’Adèle Blanc-Sec et/ou de Tardi. Les autres passeront leur chemin.
Un album dans la même veine qu'"Adèle Blanc-Sec". Le scénario est à la fois noir, cynique et plein d'humour. Les personnages sont exagérés, loufoques, certains affreux de laideur, mais également amusants dans leurs excès. Et au milieu de tout ça, Brindavoine a l'air d'un paumé sympathique qui évolue sans trop rien comprendre.
J'aime l'ambiance de cette histoire étrange avec Iron City, histoire que je trouve presque onirique.
J'aime à comparer cette série avec "Adèle Blanc-Sec" puisqu'elles se recoupent à un moment donné quand dans la série Adèle, Brindavoine rencontrera Adèle. Le dessin y est un peu moins beau, mais moi j'aime toujours autant. Il y a de plus grans espaces, plus d'air : d'une certaine manière, Brindavoine, ça ressemble aux aventures d'une "Adèle Blanc-Sec" qui sortirait de Paris et irait vivre la grande aventure dans des terres inexplorées.
Cette BD est presque un délire, une histoire loufoque, onirique et également pleine d'humour. J'étais complètement plongé dedans et dans son ambiance quand je l'ai lu la première fois, adolescent. D'une certaine manière, c'est cette histoire qui a su pour moi donner de la profondeur à son autre série, "Adèle Blanc-Sec", et me faire apprécier les deux.
J'ai beaucoup aimé cette BD quand je l'ai lue peu après sa parution, j'ai toujours trouvé qu'elle faisait partie de l'univers d'"Adèle Blanc-sec", et n'était pas un simple one shot. De nos jours, je trouve encore qu'elle s'insère parfaitement dans la série Adèle Blanc-sec. Partant de là, on a un peu l'impression qu"après l'album "Momies en folie", Tardi fait une pause pour nous présenter un nouveau héros, Lucien, et de nombreux rôles secondaires qui seront récurent (je pense notament à Otto Lindenberg)
J'ai découvert beaucoup plus tard que cet album est en fait un péché de jeunesse écrit en 1974, donc deux ans avant le premier tome d'Adèle Blanc-sec. A y regarder de plus près, on se rends compte que dans cet album, les cases sont étirées en longueur, le trait des dessins est grossier, il semblerait que l'édition originale ait parue dans un format plus petit, ce qui est sans doute le cas. A l'époque Tarfi travaillait avec une pleiade d'auteurs aujourd'hui célèbres : Uderzo, Gosciny, Christin, Mézières, Druillet, Morris, Giraud, Charlier, vous avez compris que je parle du journal "Pilote".
Pour en revenir à l'album lui-même, c'est vrai que le dessin n'est pas terrible dans la première partie, on sent beaucoup mieux la maîtrise de l'auteur dans "La fleur au fusil", et pour cause. Mais certaines cases qui prennent toute la hauteur ou toute la largeur de la planche, avec souvent un grand souci de détails (regardez la garçonière de Lucien, par exemple) donnent un aperçu de ce que sera le grand talent de l'auteur.
Quand au scénario, il est effectivement complètement décousu, alambiqué, tortueux, et même incompréhensible. Si vous voulez. Mais moi personellement, j'ai lu cette histoire d'une traite, et malgré ses nombreux défauts et anachronismes (expliqués par l'auteur lui-même dans un entre-deux pathétique de justifications) j'ai adoré cette histoire. Et si l'automobile et les dirigeables n'existaient pas en 1914, je m'en fous un peu, en fait.
Fans de Tardi, n'hésitez pas, courez acheter cet album. Conseil inutile, dailleurs, car tous les fans de Tardi l'on déjà fait ......
Pour la première fois le dessin de Tardi me déçoit : mal fini, les détails bâclés, bon je vais relativiser aussitôt pour signaler que j'ai lu la version Librio. Mais quand même, par rapport à Adèle Blanc Sec, le trait m'apparaît nettement moins bon, moins léché, moins fini, à part la vue d'Iron City, ça reste quand même bien en dessous ce que Tardi peut faire.
L'histoire : bof bof… Il se passe plein de choses, souvent tirées par les cheveux, tout le temps amorcées sans réels enchaînements. Bref, ça part dans tous les sens, rien n'est posé, les personnages restent superficiels. Du coup on a bien du mal à entrer dans cette histoire, à y croire, à entrer dans ce monde plein d'incohérences narratives, quand ce n'est pas de situation.
Une bien belle déception donc que la lecture de cette histoire, et ce ne sont pas les pointes d'humour bien lourd qui vont y changer quelque chose.
La deuxième histoire nous montre que Tardi est bien plus à l'aise pour écrire et dessiner la guerre de 14, on sent déjà les capacités de l'auteur qui exploseront plus tard dans "Le cri du Peuple" sans même parler de "C'etait la guerre des tranchées". Une courte histoire plus sympa mais qui manque encore de liant, et qui révèle quelques faiblesses de scénario.